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	<title>Association Jean Carmignac</title>
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	<description>&#201;vangiles, historicit&#233;, ex&#233;g&#232;se, Carmignac, Tresmontant, arch&#233;ologie, Q&#251;mran</description>
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		<title>La v&#233;rit&#233; n'est pas le r&#233;sultat du consensus...</title>
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		<description>&lt;p&gt;Bruno Bioul&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Documents-divers-" rel="directory"&gt;Documents divers&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette citation, extraite du n&#176;56 de l'encyclique Foi et Raison, nous a sembl&#233; &#234;tre une bonne introduction &#224; l'expos&#233; tr&#232;s remarqu&#233; que Monsieur Bioul, r&#233;dacteur en chef de la revue Les Dossiers d'Arch&#233;ologie, a bien voulu faire &#224; notre derni&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Comme promis, voici la premi&#232;re partie de son intervention qu'il a m&#234;me revue et &#233;toff&#233;e pour nos lecteurs. La suite para&#238;tra dans nos prochains bulletins&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... mais de l'ad&#233;quation de l'intelligence &#224; la r&#233;alit&#233; objective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Votre Association m'a demand&#233; de vous dire quelques mots sur le Dossier d'Arch&#233;ologie intitul&#233; J&#233;sus au regard de l'Histoire que j'ai publi&#233; il y a deux ans en collaboration avec plusieurs sp&#233;cialistes du Nouveau Testament, ex&#233;g&#232;tes, historiens et arch&#233;ologues. C'est avec plaisir que je r&#233;ponds &#224; cette aimable invitation d'autant plus que Madame Ceruti m'avait fait l'honneur de participer &#224; ce num&#233;ro en r&#233;digeant un article tr&#232;s remarqu&#233; sur l'authenticit&#233; des Evangiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon ambition n'est pas de vous faire une conf&#233;rence sur le th&#232;me &#8220;que sait-on de J&#233;sus aujourd'hui&#8221;, mais de vous parler des r&#233;actions que nous avons eues de la part de nos lecteurs &#224; la sortie de ce dossier. Peut-&#234;tre pensez-vous que ce sujet est quelque peu en dehors de vos pr&#233;occupations pr&#233;sentes, de votre int&#233;r&#234;t pour l'&#339;uvre de l'abb&#233; Carmignac ; d&#233;trompez-vous, car les (rares) r&#233;actions n&#233;gatives, parfois outranci&#232;res et injurieuses vis-&#224;-vis des auteurs, ont port&#233; justement sur des th&#232;mes qui vous sont chers, &#224; savoir l'historicit&#233; des Evangiles et celle du Suaire de Turin (un troisi&#232;me article portait sur la Tunique d'Argenteuil, un autre sur la famille de J&#233;sus, et un cinqui&#232;me sur l'ann&#233;e de naissance de J&#233;sus). Ces cinq contributions tranchent assez nettement avec le reste du num&#233;ro qui regroupe des articles de chercheurs plus &#8220;modernistes&#8221;, c'est-&#224;-dire qui pr&#233;sentent les vues de l'ex&#233;g&#232;se et de la recherche actuelles, contemporaines. Selon la critique historique contemporaine, vous le savez, les Evangiles sont des &#233;crits tardifs, post&#233;rieurs aux &#233;v&#233;nements qu'ils rapportent. Certains vont m&#234;me jusqu'&#224; dire qu'ils ont &#233;t&#233; &#233;crits apr&#232;s la mort des premiers ap&#244;tres, voire au deuxi&#232;me si&#232;cle apr&#232;s J.-C. Une chose m'a toujours frapp&#233; &#224; propos de ce probl&#232;me de l'historicit&#233; &#8211; auquel, je dois l'avouer, je ne m'int&#233;ressais gu&#232;re jusqu'&#224; la lecture du livre de Madame Ceruti : les adversaires les plus acharn&#233;s de la datation haute des Evangiles sont souvent des hommes d'Eglise ou des croyants, chr&#233;tiens catholiques ou protestants. Pourquoi ? Cette interrogation en apparence anodine, voire m&#234;me na&#239;ve, appelle une r&#233;ponse qui, me semble-t-il, est extr&#234;mement inqui&#233;tante car elle d&#233;nonce l'&#233;tat d'esprit qui r&#232;gne sur la recherche ex&#233;g&#233;tique actuelle, et soul&#232;ve deux probl&#232;mes : le premier est li&#233; &#224; des probl&#232;mes de m&#233;thode et le second &#224; une mauvaise d&#233;finition de la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au d&#233;but du si&#232;cle dernier, dans les ann&#233;es 1920, H. Pinard de la Boullaye relevait d&#233;j&#224; les principaux probl&#232;mes m&#233;thodologiques qui entachaient la recherche ex&#233;g&#233;tique et historique de son temps &#224; propos du personnage de J&#233;sus. Beaucoup d'ouvrages Le concernant avaient &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s selon des proc&#233;d&#233;s de travail d&#233;fectueux, et aujourd'hui encore, un tr&#232;s grand nombre de livres publi&#233;s participent de ces m&#234;mes erreurs m&#233;thodologiques et techniques qui conduisent &#224; des d&#233;formations de l'histoire. Le vrai travail de l'historien doit tendre &#224; l'objectivit&#233;, tout le monde sait cela. Mais nous savons tous aussi que l'objectivit&#233; absolue est une chim&#232;re car nous sommes plus ou moins influenc&#233;s par notre &#233;ducation, notre milieu ou par l'emprise d'une philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour &#233;viter ces &#233;cueils, la science historique a mis au point un certain nombre de techniques et de proc&#233;d&#233;s de travail dont l'utilisation garantit, jusqu'&#224; un certain point, l'objectivit&#233; de l'historien : c'est ce qu'on appelle la critique historique. Cependant, sans une extr&#234;me rigueur et une grande honn&#234;tet&#233;, celle-ci peut facilement tomber dans le pi&#232;ge de l'abus. Ce danger concerne surtout deux m&#233;thodes de travail : la critique interne et la comparative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La critique interne s'applique &#224; appr&#233;cier l'authenticit&#233; des textes d'apr&#232;s leur contenu et d'apr&#232;s les particularit&#233;s de leur r&#233;daction. On cherche &#224; discerner les tendances de l'auteur, ses sympathies et ses aversions, sa coh&#233;rence et ses contradictions, les sources qu'il utilise, la fa&#231;on dont il les met en &#339;uvre, les influences qu'il a subies, les passages qui rel&#232;vent directement de lui et ceux introduits par des mains &#233;trang&#232;res, etc. C'est un travail qui requiert une grande perspicacit&#233; et une prudence extr&#234;me. Ce travail peut se comparer &#224; un puzzle o&#249; chaque fragment, chaque passage de texte doit &#234;tre plac&#233; au bon endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais contrairement aux pi&#232;ces du puzzle qui n'occupent qu'une place unique, les fragments de textes que la critique interne d&#233;coupe peuvent se laisser disposer de plusieurs mani&#232;res diff&#233;rentes et de fa&#231;on tout &#224; fait vraisemblable, m&#234;me s'il n'en existe qu'une qui soit vraie. Ir&#233;n&#233;e de Lyon et Tertullien observaient qu'en utilisant des vers de Virgile ou d'Hom&#232;re, on pouvait composer des petits po&#232;mes &#8220;virgiliens&#8221; ou &#8220;hom&#233;riques&#8221; sur des sujets tout &#224; fait diff&#233;rents (S. Ir&#233;n&#233;e, Contre les h&#233;r&#233;sies, 1. I. c. IX, n.4 ; Tertullien, Des prescriptions, c. XXXIX). Ainsi, en combinant d'une autre mani&#232;re les versets des Evangiles, on pourra r&#233;diger, sur les origines chr&#233;tiennes ou la vie de J&#233;sus, les histoires que l'on voudra en diss&#233;quant les textes du Nouveau Testament. sans tenir compte du milieu dont il sont issus, des &#233;crits des P&#232;res de l'Eglise ou des communaut&#233;s qui les ont contr&#244;l&#233;s et approuv&#233;s, en supprimant tel ou tel passage parce qu'il ne correspond pas &#224; la sensibilit&#233; de l'auteur, etc. L'exemple type de ce proc&#233;d&#233; nous est donn&#233; par Thomas Jefferson (1743-1826), le troisi&#232;me pr&#233;sident des Etats-Unis, qui s'&#233;tait fortement int&#233;ress&#233; &#224; la vie de J&#233;sus et aux Evangiles. Il &#233;tait convaincu qu'un christianisme purifi&#233; pouvait favoriser la sant&#233; morale de ses concitoyens eu &#233;gard aux conditions qui pr&#233;valaient dans l'Am&#233;rique du XVIIIe si&#232;cle. Cette conviction que le message authentique de J&#233;sus ne devait pas reprendre syst&#233;matiquement tout le contenu des Evangiles, donna lieu &#224; deux tentatives pour extraire l'enseignement authentique de J&#233;sus du fatras dans lequel il &#233;tait enfoui. La premi&#232;re eut lieu en f&#233;vrier 1804 par la publication d'un petit volume intitul&#233; Philosophy of Jesus of Nazareth que Jefferson pr&#233;senta comme &#8220;un abr&#233;g&#233; du Nouveau Testament destin&#233; aux Indiens qui ne s'embarrassent pas de questions de fait ou de foi au-del&#224; du niveau de leur compr&#233;hension&#8221;. Pour se faire, il d&#233;coupa dans deux exemplaires imprim&#233;s du NouveanTestament les paroles qu'il reconnaissait pour authentiques. La seconde tentative eut lieu &#224; l'automne 1820 lorsqu'il acheva une compilation beaucoup plus ambitieuse intitul&#233;e The life and Morals of Jesus of Nazareth extracted textually from the gospels in greek, Latin, French and English. Le texte se pr&#233;sentait sur quatre colonnes dans les quatre langues. Ce qui fut omis par le savant pr&#233;sident est bien plus r&#233;v&#233;lateur que ce qui fut retenu dans l'ouvrage. Le d&#233;but et la fin du r&#233;cit &#233;vang&#233;lique ont disparu. Le prologue de l'Evangile de Jean (In principio erat Verbum&#8230;) n'est plus l&#224;, non plus que le r&#233;cit de l'Annonciation ni celui de la naissance virginale ni celui de l'apparition de l'ange aux bergers. Le r&#233;cit se termine par un amalgame de Jean 19, 42 (&#8220;&#224; cause de la Pr&#233;paration des Juifs, comme le tombeau &#233;tait proche, c'est l&#224; qu'il d&#233;pos&#232;rent J&#233;sus&#8221;) avec la seconde partie de Matthieu 27, 60 (&#8220;&#8230; puis il (=Joseph) roula une grande pierre &#224; l'entr&#233;e du tombeau et s'en alla&#8221;). Aucune mention n'est faite de la r&#233;surrection. Le J&#233;sus qui transpara&#238;t de l'&#339;uvre de Jefferson a perdu sa divinit&#233; pour devenir &#8220;le plus grand de tous les r&#233;formateurs de la religion d&#233;prav&#233;e de son propre pays&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet exemple malheureux d'interpr&#233;tation arbitraire du texte des Evangiles est, h&#233;las, de plus en plus fr&#233;quent. Heureusement, il existe des moyens de contr&#244;le efficaces pour pr&#233;venir ces reconstructions injustifi&#233;es ; c'est la critique externe qui les fournit, c'est-&#224;-dire le t&#233;moignage (ext&#233;rieur aux textes) des d&#233;couvertes arch&#233;ologiques et des gens qui se sont prononc&#233;s, &#224; une &#233;poque plus ancienne ou contemporaine, sur l'auteur et son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La m&#233;thode comparative consiste &#224; comparer les &#233;v&#233;nements relat&#233;s par les textes pour les mieux comprendre, discerner leurs lois et finalement les expliquer. Cela exige qu'au pr&#233;alable chaque fait ait &#233;t&#233; d&#251;ment restitu&#233; et que l'on observe &#224; la fois les analogies et les diff&#233;rences. Si on se refuse &#224; cela, on arrive &#224; des aberrations du genre de celle qui consisterait, pour un naturaliste, &#224; comparer et &#224; classer ensemble les feuilles vertes, du papier vert, les ailes vertes des insectes et les min&#233;raux verts pour la seule raison qu'ils sont de la m&#234;me couleur. En d'autres termes, il faut &#233;viter de se contenter de relever des ressemblances purement ext&#233;rieures, donc trompeuses. Dans le cas qui nous occupe, cela consisterait par exemple &#224; rapprocher les textes &#233;gyptiens, bouddhiques, mazd&#233;ens, herm&#233;tiques et chr&#233;tiens en se bornant &#224; noter les analogies de forme et de contenu ; on assimilerait ainsi les prodiges avec les prodiges, les proph&#233;ties avec les proph&#233;ties, les r&#233;v&#233;lations avec les r&#233;v&#233;lations sans tenir compte de leurs diff&#233;rences cach&#233;es. En effet, rien ne ressemble plus &#224; un vrai billet de banque qu'un faux billet de banque : leur similitude apparente cache de profondes diff&#233;rences. Or, les nuances des sentiments religieux et des doctrines sont infiniment plus d&#233;licates &#224; noter que celles de la fabrication d'un billet de banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Malheureusement, on peut dire qu'aujourd'hui encore, en mati&#232;re de science des religions, on se contente toujours d'y regarder en gros et la comparaison des rites, des doctrines ou des &#233;tats d'&#226;me que rapprochent uniquement quelques analogies superficielles, en n&#233;gligeant des diff&#233;rences capitales, introduisent une certaine confusion dans les esprits. Dans un tel contexte, sous-tendu par un climat impr&#233;gn&#233; d'agnosticisme et de rationalisme, beaucoup de chercheurs ont conclu que le christianisme n'avait rien de plus que les autres religions, que J&#233;sus est un homme divinis&#233; comme Bouddha, les Ptol&#233;m&#233;es d'Egypte et les empereurs romains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par ces proc&#233;d&#233;s de travail erron&#233;s, beaucoup de savants ont consid&#233;r&#233; la r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne comme un mythe ou l'ont transpos&#233;e et d&#233;form&#233;e au gr&#233; de leurs pr&#233;f&#233;rences. Par l'abus de la critique interne, on s'est donn&#233; le moyen de faire dire aux textes &#224; peu pr&#232;s tout ce qu'on voulait, et par l'abus de la m&#233;thode comparative, celui d'assimiler des ph&#233;nom&#232;nes religieux les plus dissemblables quant &#224; leurs caract&#232;res intimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de parler du second probl&#232;me, celui qui concerne la relation, le rapport entre la science et la foi, je voudrais faire deux remarques : la premi&#232;re &#8211; c'est celle qui m'a frapp&#233; le plus &#8211; c'est que, malgr&#233; la la&#239;cisation croissante de notre soci&#233;t&#233;, les gens restent malgr&#233; tout tr&#232;s int&#233;ress&#233;s par tout ce qui touche &#224; la religion, et en particulier &#224; la religion chr&#233;tienne, et davantage encore au personnage de J&#233;sus. J'en veux pour preuve la multiplication des ouvrages sur J&#233;sus et les Evangiles, et le succ&#232;s prodigieux qu'a rencontr&#233; notre num&#233;ro J&#233;sus au regard de l'Histoire (1) qui, en quelques mois, a battu tous nos records de vente qui se sont multipli&#233;s par deux. &lt;br class='autobr' /&gt; La seconde remarque concerne les r&#233;actions des lecteurs. A c&#244;t&#233; des personnes qui nous ont remerci&#233;s d'avoir pr&#233;sent&#233; un num&#233;ro relativement &#233;quilibr&#233; (c'est-&#224;-dire pr&#233;sentant des positions parfois oppos&#233;es) sur le sujet, tous les courriers de personnes m&#233;contentes font, sans exception, r&#233;f&#233;rence aux articles traitant de l'historicit&#233; des Evangiles et du Suaire de Turin. Personne n'a contest&#233; les articles sur les t&#233;moignages arch&#233;ologiques li&#233;s &#224; la vie de J&#233;sus ou celui traitant de son proc&#232;s (quoique ce sujet reste tr&#232;s d&#233;licat &#224; traiter), mais tous se sont insurg&#233;s contre le contenu des articles de Madame Ceruti et de Monsieur Raffard de Brienne. Cela montre &#224; quel point la question de l'historicit&#233; des Evangiles et du Suaire de Turin (ces deux types de documents &#233;tant indissolublement li&#233;s, l'authenticit&#233; de l'un renfor&#231;ant celle de l'autre) d&#233;range. C'est en cela que les propos que je vous livre aujourd'hui se rapportent plus pr&#233;cis&#233;ment au but que s'est fix&#233; votre association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le second probl&#232;me li&#233; &#224; l'ex&#233;g&#232;se contemporaine &#8211; mais pas seulement &#224; elle d'ailleurs &#8211; est un probl&#232;me que l'on rencontre chez beaucoup de gens croyants ou non : il est li&#233; &#224; une m&#233;connaissance totale de la d&#233;finition de la foi et au rapport qu'elle entretient avec la science. Les lettres que j'ai re&#231;ues sont, &#224; ce sujet, &#233;difiantes. Pour beaucoup de gens aujourd'hui, la foi et la science sont incompatibles ; cela signifie qu'une personne qui a la foi ne peut pas &#234;tre scientifique. Je n'ai pas la pr&#233;tention de r&#233;gler ce probl&#232;me en quelques lignes ; je voudrais simplement vous montrer qu'en y r&#233;fl&#233;chissant un peu, on peut d&#233;montrer qu'en r&#233;alit&#233; il s'agit d'un faux probl&#232;me. Quelle d&#233;finition peut-on donner &#224; la science et &#224; la foi ? La premi&#232;re est la connaissance exacte, universelle et v&#233;rifiable exprim&#233;e par des lois ; elle d&#233;signe donc l'ensemble des connaissances d'une valeur universelle, caract&#233;ris&#233;e par un objet et une m&#233;thode d&#233;termin&#233;es, et fond&#233;es sur des relations objectives v&#233;rifiables. La science est donc le fruit d'un travail de la raison. Or, pour beaucoup de nos contemporains, la foi n'est pas un acte rationnel ; la science et la foi sont donc deux choses diff&#233;rentes et antagonistes : on ne peut pas, en &#233;tant croyant, en ayant la foi &#8211; et en particulier en professant la foi chr&#233;tienne &#8211; faire &#339;uvre scientifique. C'est un principe : on ne peut pas &#234;tre un scientifique si on affiche sa foi, si on adh&#232;re &#224; une religion. Cette conviction repose sur une mauvaise d&#233;finition de la foi, ou plut&#244;t sur une d&#233;finition incompl&#232;te de celle-ci, qui aboutit &#224; une certaine confusion des esprits. Qu'est-ce que la foi (je m'int&#233;resse bien &#233;videmment &#224; la foi chr&#233;tienne qui est celle de notre propos) ? Sa d&#233;finition se situe &#224; deux niveaux. Le premier d&#233;finit la foi comme un acte de confiance ; on a confiance en quelqu'un ou en quelque chose. Cette disposition personnelle rel&#232;ve d'un sentiment qui vient du c&#339;ur ; c'est un &#233;lan plus ou moins spontan&#233; vers quelqu'un ou quelque chose avec qui on se sent quelques affinit&#233;s. Tr&#232;s souvent, les gens s'arr&#234;tent &#224; cette d&#233;finition : la foi chr&#233;tienne est un sentiment qui vient du c&#339;ur. Or, nous le savons tous, un sentiment n'est pas toujours raisonn&#233;, c'est une conscience plus ou moins claire, une connaissance comportant des &#233;l&#233;ments affectifs et intuitifs qui n'a donc rien &#224; voir avec la rigueur intellectuelle, rationnelle, de la science. On oublie trop vite la seconde d&#233;finition de la foi, qui est, elle, beaucoup plus profonde : la foi est une adh&#233;sion compl&#232;te, sinc&#232;re et profonde de l'esprit et du c&#339;ur, qui emporte la certitude ; c'est l'ad&#233;quation de l'esprit avec la R&#233;v&#233;lation, avec la parole de Dieu telle qu'elle nous a &#233;t&#233; transmise par les Evangiles. Ainsi, pour reprendre le propos de J. Ladri&#232;re, professeur &#224; l'Universit&#233; catholique de Louvain, &#171; dans la mesure o&#249; elle implique l'acceptation d'un message, la foi porte sur un contenu rep&#233;rable, formul&#233; en propositions, et &#224; ce titre, elle est form&#233;e de connaissance. Dans la mesure o&#249; elle implique un acte de confiance, une soumission &#224; un donn&#233; dans lequel on reconna&#238;t l'action de Dieu, elle est un engagement, c'est-&#224;-dire un acte de volont&#233;, soutenu par un mouvement de l'affectivit&#233;. Ce qui fait l'originalit&#233; de la foi, c'est l'articulation en elle de ces deux moments de la connaissance et de l'engagement. A ne la consid&#233;rer que selon le premier de ces moments, on pourrait &#234;tre tent&#233; de l'interpr&#233;ter comme un certain mode d'exp&#233;rience intellectuelle, et &#224; ne l'envisager que selon le second, on risquerait de n'y voir qu'une d&#233;marche affective, d&#233;pourvue de fondement rationnel &#187;. On s'aper&#231;oit donc que la position qui consid&#232;re que la science et la foi sont incompatibles, ne tient plus puisque la foi, comme la science, est un acte rationnel, r&#233;fl&#233;chi. On peut donc parfaitement &#234;tre un scientifique tout en &#233;tant croyant ou un fervent pratiquant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre point sur lequel je voudrais m'arr&#234;ter quelques instants est celui-ci : par la foi, nous avons connaissance d'un certain nombre de faits naturels, mat&#233;riels, qui rel&#232;vent de l'histoire, mais &#233;galement d'&#233;v&#233;nements qui rel&#232;vent du surnaturel. Vous savez tous qu'aujourd'hui le surnaturel d&#233;range, pas trop parce qu'il fait peur, mais davantage parce qu'il tient la raison en &#233;chec. Cette perspective a le don de mettre un grand nombre de personnes hors d'elles-m&#234;mes car il leur est insupportable de vivre en sachant qu'un certain nombre de ph&#233;nom&#232;nes leur resteront &#224; jamais inexpliqu&#233;s, c'est-&#224;-dire non appr&#233;hend&#233;s par la raison. C'est tout le probl&#232;me du Suaire de Turin. Ce document arch&#233;ologique unique est une &#233;charde permanente plant&#233;e dans l'amour-propre de beaucoup de nos contemporains noy&#233;s dans l'agnosticisme g&#233;n&#233;ralis&#233; de notre soci&#233;t&#233;. Pourquoi ? Tout simplement parce que le Suaire fait r&#233;f&#233;rence &#224; une r&#233;alit&#233; qui, sur certains points, nous d&#233;passe : s'il s'agit bien du linceul qui a recouvert le corps crucifi&#233; de J&#233;sus, alors il est aussi le t&#233;moignage de Sa r&#233;surrection, et jusqu'&#224; pr&#233;sent, cette derni&#232;re n'a pas encore &#233;t&#233; prouv&#233;e scientifiquement, c'est-&#224;-dire par la science moderne. Pour cette raison, et cette raison uniquement, mais tellement lourde de cons&#233;quences pour nos vies &#8211; le Suaire de Turin ne peut &#234;tre le v&#233;ritable linceul du Christ ; il ne peut s'agir que d'une imposture. Les courriers parfois virulents que j'ai re&#231;us, &#233;manent tous de personnes agnostiques qui refusent de croire &#224; l'authenticit&#233; du Suaire et, par cons&#233;quent, &#224; celle des Evangiles. On remarque en effet tr&#232;s vite que ces deux sujets sont intimement li&#233;s et se cautionnent l'un l'autre. Si les Evangiles sont des r&#233;cits authentiques qui racontent la Passion du Christ telle qu'elle a &#233;t&#233; v&#233;cue et rapport&#233;e par des t&#233;moins oculaires, leur lecture permet d'expliquer dans les moindres d&#233;tails le Suaire de Turin. Inversement, si celui-ci s'av&#232;re &#234;tre un document arch&#233;ologique authentique, il renforce davantage le caract&#232;re historique, v&#233;ridique des Evangiles, en d&#233;montrant que la Passion &#8211; qui, de l'avis de tous les ex&#233;g&#232;tes, constitue le r&#233;cit &#233;vang&#233;lique le plus ancien &#8211; s'est effectivement d&#233;roul&#233;e comme le rapportent ces textes. C'est donc tout naturellement que les partisans du faux s'acharnent &#224; d&#233;montrer d&#233;sesp&#233;r&#233;ment qu'il s'agit d'un objet m&#233;di&#233;val. Leur grand probl&#232;me c'est que leurs arguments sont tr&#232;s limit&#233;s ; ils font appel &#224; la fameuse datation au C14 de 1988 qui, malgr&#233; le fait qu'elle soit une m&#233;thode de datation absolue, reste, dans ses r&#233;sultats, tr&#232;s relative (&#224; telle enseigne qu'on est oblig&#233; aujourd'hui de la &#171; calibrer &#187;, c'est-&#224;-dire de la pr&#233;ciser par le recours &#224; d'autres m&#233;thodes de datation comme la dendrochronologie), et au &#8220;M&#233;moire&#8221; de Pierre d'Arcis, un document du XIVe si&#232;cle, dont l'authenticit&#233; est tr&#232;s loin de faire l'unanimit&#233;. Malheureusement, &#224; cause d'un matraquage m&#233;diatique syst&#233;matique, beaucoup de gens croient que le Suaire est un faux, notamment &#224; cause de la datation au C14 qui a poss&#233;d&#233; tout le monde alors que sont peu connues toutes les enqu&#234;tes qui ont &#233;t&#233; men&#233;es pour montrer la faiblesse de cet argument (voir notamment le livre de Madame van Oosterwyck-Gastuche (2) paru chez F.-X. de Guibert). Le probl&#232;me est que lorsque vous discutez avec des partisans du faux et que vous leur dites que de toutes fa&#231;ons, la datation au C14 telle qu'elle a &#233;t&#233; men&#233;e sur le Suaire souffre de nombreuses irr&#233;gularit&#233;s, vous vous posez, pour eux, en &#8220;d&#233;fenseur du Suaire&#8221; ; vous acceptez donc la r&#233;alit&#233; d'un document qu'ils ne peuvent pas expliquer de fa&#231;on rationnelle en dehors du C14 : &#224; leurs yeux, vous n'avez donc rien compris. M&#234;me si toutes les autres sciences mises en &#339;uvre pour analyser le Suaire ont d&#233;montr&#233; de fa&#231;on irr&#233;futable qu'il s'agit bien d'un document authentique remontant au Ier si&#232;cle de notre &#232;re, fabriqu&#233; en Palestine et sur lequel, tout r&#233;cemment encore, deux chercheurs isra&#233;liens ont d&#233;couvert des pollens de Goundelia tournefortii, un buisson &#233;pineux (qui a servi &#224; la confection de la couronne d'&#233;pines) qui ne pousse qu'en Palestine, dans les environs de J&#233;rusalem, le seul r&#233;sultat qui compte aujourd'hui est celui du C14.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Maquette de J&#233;rusalem</title>
		<link>https://abbe-carmignac.org/?Maquette-de-Jerusalem</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin_cryptos</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Jacqueline Olivier&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Documents-divers-" rel="directory"&gt;Documents divers&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous trouverez ci-apr&#232;s une photo de la maquette de la ville ancienne de J&#233;rusalem r&#233;alis&#233;e par Monsieur et Madame de Quillacq qui nous l'ont aimablement adress&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci peut &#234;tre admir&#233;e aujourd'hui &#224; la limite de J&#233;rusalem, en plein air, sur un terrain d'environ 900 m&#232;tres carr&#233;s. Elle a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par le Professeur Michael Avi-Yonah vers 1965 sur la base des d&#233;couvertes arch&#233;ologiques faites &#224; cette &#233;poque, mais elle a &#233;t&#233; et est continuellement modifi&#233;e en fonction des nouvelles fouilles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_40 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://abbe-carmignac.org/IMG/png/1000000000000262000001b870cb3a89.png?1756972219' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La photo pr&#233;sente une vue du Temple observ&#233; du Mont Scopus avec au premier plan le Saint des Saints. Au tout premier plan se trouve le mur est de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner une id&#233;e de la taille de cette maquette disons que le haut du temple arriverait &#224; la hauteur de la poitrine d'un homme, tandis que les simples maisons de J&#233;rusalem sont &#224; peu pr&#232;s de la mesure d'une petite boite d'allumettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces renseignements nous ont &#233;t&#233; courtoisement donn&#233;s par S.E. Monsieur Martin Peled-Flax, Ambassadeur d'Isra&#235;l au Belarus, que nous remercions vivement ainsi que Monsieur et Madame de Quillacq.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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