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	<title>Association Jean Carmignac</title>
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	<description>&#201;vangiles, historicit&#233;, ex&#233;g&#232;se, Carmignac, Tresmontant, arch&#233;ologie, Q&#251;mran</description>
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		<title>Colonne de feux</title>
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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Videos-" rel="directory"&gt;Videos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;video width=&#034;100%&#034; controls=&#034;controls&#034; height=&#034;420px&#034; style=&#034;border-radius:12px;background-color:black&#034; poster=&#034;images/colonne.png&#034; preload=&#034;auto&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;source src=&#034;IMG/mp4/tourbillon.mp4&#034; type=&#034;video/mp4&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/video&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Encore une d&#233;couverte du Professeur Garfinkel et de son &#233;quipe</title>
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		<description>&lt;p&gt;Article &#233;tabli par Marie-Christine Ceruti sur la base de l'article que nous a envoy&#233; le Professeur Garfinkel : No 77&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Historicite-de-l-Ancien-Testament-" rel="directory"&gt;Historicit&#233; de l'Ancien Testament&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vous avions fait part des d&#233;couvertes du Professeur Yosef Garfinkel dans le n&#176; 75 des Nouvelles (mais aussi dans les num&#233;ros 54 et 59). Un autre r&#233;sultat assez spectaculaire des recherches qu'il a men&#233;es avec son &#233;quipe vient d'&#234;tre rendu public. Le Professeur, sollicit&#233; sur ce sujet, vient de nous faire parvenir article et photos avec la g&#233;n&#233;rosit&#233; qui le caract&#233;rise. Avec sa permission nous avons &#171; simplifi&#233; &#187; cet article et lui avons ajout&#233; quelques pr&#233;cisions pour non sp&#233;cialistes, trouv&#233;es dans la presse internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il s'agit d'une jarre bris&#233;e en de nombreux fragments, trouv&#233;e dans le palais au centre de la ville de Khirbet Qeiyafa dont nous vous avons d&#233;j&#224; parl&#233;. Beaucoup d'autres r&#233;cipients pouvant &#234;tre restaur&#233;s jonchaient le sol mais cette amphore avait la particularit&#233; extraordinaire de porter une inscription. &lt;br class='autobr' /&gt; Comme les analyses radiom&#233;triques ex&#233;cut&#233;es sur des noyaux d'olives trouv&#233;es dans une des jarres donnaient, comme date extr&#234;me de la destruction de la ville, entre 1006 et 970 avant J.C., nous avons l&#224; la preuve de l'existence de l'&#233;criture &#224; cette &#233;poque et de sa qualit&#233;. L'&#233;quipe d'arch&#233;ologues travaillant avec Garfinkel s'est mise alors au d&#233;licat travail de reconstitution de la jarre, un travail gigantesque car tous les morceaux - m&#234;me de quelques millim&#232;tres - pr&#233;sents dans la pi&#232;ce, ont &#233;t&#233; recueillis. &lt;br class='autobr' /&gt; Les lettres de l'inscription, comme vous pouvez le voir sur la photo de l'encart, sont grandes et claires, de taille similaire et r&#233;guli&#232;rement espac&#233;es, &#233;crites par une main experte en &#233;criture canan&#233;enne. Vu la date &#224; laquelle remonte cet &#233;crit, il s'agit d'une r&#233;v&#233;lation : non seulement l'&#233;criture existait en ces lieux et dates, ce que l'on venait d'apprendre peu de temps auparavant, mais elle &#233;tait parfaitement soign&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; De plus - ce qui est particuli&#232;rement int&#233;ressant - cette inscription inclut un nom personnel &#702;&#353;b&#703;l | &#761;bn&#762;| bd&#703; : &#702;I&#353;ba&#703;al fils de Beda&#703;. Ce nom de Beda, explique le Professeur Garfinkel, est unique, tandis que &#702;I&#353;ba&#703;al est connu dans la Bible mais n'&#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent jamais apparu dans aucune ancienne inscription. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;cisons ici que, dans la Bible, &#702;&#353;b&#703;l se lit &#8220;Eshba&#703;al&#8221;. Il s'agit du second roi d'Isra&#235;l, le fils du roi Sa&#252;l, rival de David (1 Chroniques 8, 33). Et ce roi &#8220;Eshba&#703;al&#8221; (ou Isboshet comme nous allons voir), est bien celui qui, gouvernant Isra&#235;l &#224; la m&#234;me &#233;poque que David, fut assassin&#233; par des sicaires qui pensaient plaire ainsi &#224; David. Mais David, &#224; cette nouvelle, entra dans une grande fureur et fit tuer les sicaires. (2 Samuel ch. 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui est &#233;crit dans ce livre des Chroniques, dont nous venons de parler, le livre de Samuel utilise le nom de Ishboshet (2 Samuel 2,10) pour ce m&#234;me roi, g&#233;n&#233;ralement interpr&#233;t&#233; comme &#171; homme de honte &#187;. Refl&#233;tant une attitude n&#233;gative envers le dieu canan&#233;en Ba'al, l'auteur-r&#233;dacteur du livre de Samuel a censur&#233; le nom original et a remplac&#233; Ba'al par le mot Bosheth (&#171; honte &#187;). Le Professeur Garfinkel et ses coll&#232;gues, dans leur article original, expliquent que cette pratique consistant &#224; remplacer le nom de Baal par autre chose dans le nom de personnages bibliques, &#233;tait relativement courante dans la p&#233;riode davidique ou avant celle-ci, mais que, par la suite, ce nom dispara&#238;t absolument compl&#232;tement de la Bible et aussi des centaines d'inscriptions et sceaux connus de l'ancien Isra&#235;l, dat&#233;s du 9&#232;me au 6&#232;me si&#232;cles. Saar Ganor, qui est inspecteur pour l'Israel Antiquities Authority et qui enseigne &#224; l'Universit&#233; h&#233;bra&#239;que de J&#233;rusalem, coll&#232;gue et ami du Professeur Garfinkel, explique qu'il devait &#224; cette &#233;poque y avoir une certaine reluctance &#224; utiliser le nom de Eshba'al qui rappelait le dieu canan&#233;en de la temp&#234;te : Baal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres exemples de remplacement de ce nom Ba'al dans les noms de la Bible sont les noms de G&#233;d&#233;on : Jerubbaal (Juges 6,32) et Jerubbesheth (2 Samuel 11,21) ; les noms du fils de Jonathan : Meribbaal (1 Chroniques 9,40) et Mephibosheth 2 Samuel 4,4 ; et les noms du fils de David Beeliada (&#171; Ba'al sait &#187;) (1 Chronique 14,7) et Eliada (&#171; Dieu sait &#187;) (2 Samuel 5,16 ; 1 Chronique 3,8). Le Professeur Garfinkel ajoute trois autres individus qui portaient le nom de &#702;E&#353;ba&#703;al mais souligne que la partie Ba&#703;al de leur nom a &#233;t&#233; remplac&#233;e de mani&#232;re &#224; former le nom de Jashobeam (&#702;i&#353;b&#703;m). Tous ces noms pr&#233;cise-t-il sont apparus dans le contexte de l'&#233;poque de David ou plus t&#244;t. Par la suite la Bible ne mentionne plus jamais d'autre nom contenant l'&#233;l&#233;ment Ba&#703;al dans les royaumes d'Isra&#235;l ou de Juda. &lt;br class='autobr' /&gt;
La conclusion semble claire : Le vase qui nous int&#233;resse remonte &#224; l'&#233;poque du roi David. Il d&#233;montre aussi que l'on savait alors &#233;crire parfaitement. (Mais il ne s'agit &#233;videmment pas de tous les individus !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Reste la question de savoir qui &#233;tait cet &#702;I&#353;ba&#703;al fils de Beda&#703;. D'apr&#232;s les experts il s'agissait d'un notable du royaume de Juda, assez important pour avoir des jarres portant son nom. En effet sur les centaines de jarres d&#233;couvertes par notre &#233;quipe d'arch&#233;ologues, c'est la premi&#232;re qui porte une inscription, mieux&#8230; Un nom. Enfin d'apr&#232;s ces grands savants elle pouvait avoir servi &#224; transporter de l'huile ou du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais une derni&#232;re question reste ouverte : que signifie le mot qui pr&#233;c&#232;de sur cette amphore le nom de ce myst&#233;rieux personnage ? Il peut s'agir d'un toponyme, c'est-&#224;-dire d'un nom propre d&#233;signant un lieu : ce qui impliquerait que le contenu de cette jarre proviendrait d'une localit&#233; ou d'une propri&#233;t&#233; appartenant &#224; Isba'al fils de Beda. Sinon il pourrait s'agir d'une information sur le contenu de la jarre ou de ce &#224; quoi elle servait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jusqu'il y a environ 5 ans nous n'avions connaissance, explique le Professeur Garfinkel, d'aucune inscription datant du dixi&#232;me si&#232;cle avant J&#233;sus-Christ provenant du Royaume de Juda et voici qu'en quelques ann&#233;es quatre inscriptions ont &#233;t&#233; publi&#233;es : deux de Khirbet Qeiyafa, une de J&#233;rusalem et une de Bet Shemesh. Voil&#224; qui change compl&#232;tement la distribution de l'&#233;criture dans le Royaume de Juda et il est clair que l'&#233;criture &#233;tait beaucoup plus r&#233;pandue que ce que l'on pensait auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voil&#224; qui rend encore plus probl&#233;matique les l&#233;gendes qui consid&#232;rent comme parfaitement mythiques les r&#233;cits de la Bible et ici de l'Ancien Testament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article &#233;tabli par Marie-Christine Ceruti sur la base de l'article que nous a envoy&#233; le Professeur Garfinkel :&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.luisjovel.com/wp-content/uploads/2015/06/Garfinkel_et_al_2015_Isbaal_inscription_BASOR_373.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.luisjovel.com/wp-content/uploads/2015/06/Garfinkel_et_al_2015_Isbaal_inscription_BASOR_373.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi sur des articles trouv&#233;s dans la presse internationale sur Internet :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-3126419/Who-Eshba-al-Ben-Beda-Mysterious-powerful-figure-lived-time-King-David-inscribed-3-000-year-old-pottery.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-3126419/Who-Eshba-al-Ben-Beda-Mysterious-powerful-figure-lived-time-King-David-inscribed-3-000-year-old-pottery.html&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.meteoweb.eu/2015/06/archeologia-su-una-giara-dellepoca-di-re-david-un-raro-nome-menzionato-anche-nella-bibbia/464107/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.meteoweb.eu/2015/06/archeologia-su-una-giara-dellepoca-di-re-david-un-raro-nome-menzionato-anche-nella-bibbia/464107/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelques r&#233;flexions sur la nouvelle traduction du Pater</title>
		<link>https://abbe-carmignac.org/?Quelques-reflexions-sur-la</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Comme chacun sait, nous venons, en France, de changer la sixi&#232;me demande du Pater &#224; laquelle l'abb&#233; Carmignac &#233;tait si oppos&#233;. Nous avons demand&#233; au Professeur Luciani, l'excellent hell&#233;niste en titre de notre association, de nous dire ce qu'il pense du probl&#232;me pos&#233; par le texte grec du Pater. &lt;br class='autobr' /&gt; La sixi&#232;me demande du Pater pose un redoutable probl&#232;me ; la formule jusqu'&#224; pr&#233;sent en usage dans l'Eglise catholique - &#171; ne nous soumets pas &#224; la tentation &#187;, choque le fid&#232;le qui voit en Dieu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Eglise-catholique-" rel="directory"&gt;&#201;glise catholique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme chacun sait, nous venons, en France, de changer la sixi&#232;me demande du Pater &#224; laquelle l'abb&#233; Carmignac &#233;tait si oppos&#233;. Nous avons demand&#233; au Professeur Luciani, l'excellent hell&#233;niste en titre de notre association, de nous dire ce qu'il pense du probl&#232;me pos&#233; par le texte grec du Pater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La sixi&#232;me demande du Pater pose un redoutable probl&#232;me ; la formule jusqu'&#224; pr&#233;sent en usage dans l'Eglise catholique - &#171; ne nous soumets pas &#224; la tentation &#187;, choque le fid&#232;le qui voit en Dieu un P&#232;re infiniment bon. L'Abb&#233; J. Carmignac a parfaitement d&#233;fini la difficult&#233; : &#171; car, si l'on demande &#224; Dieu de ne pas nous introduire dans une tentation, c'est qu'il y a risque ou danger qu'il nous y introduise. Le dilemme est alors in&#233;vitable et irr&#233;futable : Si Dieu exerce le moindre r&#244;le positif dans la tentation, il ne peut plus &#234;tre infiniment saint, puisqu'il contribue par la tentation &#224; inciter au p&#233;ch&#233;, et il ne peut plus &#234;tre infiniment bon puisqu'il contribue &#224; entra&#238;ner ses enfant de la terre vers le plus grands des malheurs ; et si, d'autre part, Dieu n'exerce aucun r&#244;le positif dans la tentation, c'est l'insulter que de lui demander de ne pas faire un mal qu'il n'a pas l'intention de r&#233;aliser, tout comme chacun de nous se sent outrag&#233; quand on lui attribue une intention mauvaise que nous n'avons pas en r&#233;alit&#233; &#187; (Recherches sur le &#171; Notre P&#232;re &#187;, p. 236-237.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tous les commentateurs du &#171; Notre P&#232;re &#187; se sont heurt&#233;s &#224; ce probl&#232;me. Ils ont souvent essay&#233; de le r&#233;soudre par les lumi&#232;res de la th&#233;ologie, avec plus ou moins de bonheur. J. Carmignac, dont on admirera la prodigieuse &#233;rudition, passe en revue ces essais d'explication &#171; peu satisfaisants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais pourquoi le sont-ils ? C'est que l'on part de la th&#233;ologie pour &#233;clairer le texte, alors qu'il faut partir du texte pour &#233;clairer la th&#233;ologie. C'est l&#224; la bonne m&#233;thode, que nous suivrons pour essayer de comprendre cette sixi&#232;me demande. La Vulgate dit : &#171; Ne nos inducas in tentationem &#187;. &#171; Ne nous induis pas en tentation. &#187; C'est un d&#233;calque du grec ; nous sommes donc renvoy&#233;s au texte grec du Pater : Mathieu 6,13 ; Luc 11,4 ; La Didach&#232;, 8,2 : &#171; Kai m&#232; eisenegk&#232;is h&#232;mas ap_&#242; to&#251; pon&#232;ro&#251; &#187;. Que signifient ces deux stiques ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Remarquons d'abord qu'ils forment une figure de style, la parataxe : deux membres de phrase sont unis par une conjonction qui les met sur le m&#234;me pied grammaticalement ; mais, quant au sens, l'un est subordonn&#233; &#224; l'autre. Exemple, en fran&#231;ais : &#171; il &#233;tait malade et il est all&#233; travailler &#187; = &#171; bien que malade, il est all&#233; travailler &#187; cette construction est tr&#232;s commune en grec. L'accent porte sur le deuxi&#232;me membre, qui contient le verbe principal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Remarquons ensuite que les deux membres, bien qu'unis contiennent des termes sym&#233;triquement oppos&#233;s : au &#171; eis &#187; du premier stique, qui marque un mouvement allant &#171; &#224; l'int&#233;rieur &#187;, une p&#233;n&#233;tration dans l'objet, correspond et s'oppose le &#171; ap&#242; &#187; du second stique, qui, lui, indique s&#233;paration et &#233;loignement. Au verbe eisenegk&#232;is, qui signifie &#171; porter dans &#187;, correspond et s'oppose &#171; Rh&#251;sai &#187; qui veut dire &#171; tirer hors de, loin de &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'ensuit qu'il est impossible de dissocier les deux membres de phrase, et qu'il n'y a que six demandes, et non sept. E. Delebecque met en relief ce fait, qui nous para&#238;t capital : une seule demande, pr&#233;sent&#233;e de deux fa&#231;ons diff&#233;rentes : l'une n&#233;gative, l'autre affirmative. En cons&#233;quence cette derni&#232;re, dont le sens est indubitable, peut &#233;clairer la premi&#232;re, qui a fait l'objet de tant de controverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ne nous soumets pas &#224; la tentation &#187;. Cette formule, traduite du latin de la Vulgate, choque le fid&#232;le, &#224; juste titre ; Dieu ne tente personne, comme nous le dit St Jacques. Mais alors comment traduire le &#171; m&#232; eisenegk&#232;is &#187; du grec ? Ici encore la grammaire nous vient en aide. Les langues s&#233;mitiques poss&#232;dent une conjugaison pourvue de d&#233;sinences sp&#233;ciales pour signifier le &#171; causatif &#187;. Le grec et le latin, comme nos langues modernes, en sont d&#233;pourvues. Pour dire qu'une action est suivie d'un effet, elles ont recours &#224; deux moyens : ou bien elles emploient un verbe qui exprime une cause. Ex : &#171; montrer &#187; est le causatif de &#171; faire voir &#187;, ou bien elles se contentent d'un verbe ordinaire, que le seul contexte rend &#171; causatif &#187;. Ex : quand je dis ; &#171; Je construis une maison &#187;, si je ne suis pas ma&#231;on, tout le monde comprend que je &#171; fais construire &#187; une maison.&lt;br class='autobr' /&gt; Une autre particularit&#233; grammaticale se combine &#224; la pr&#233;c&#233;dente, quand il s'agit d'une n&#233;gation. Parfois on doit traduire : &#171; ne pas faire que &#187;, parfois : &#171; faire que&#8230; ne pas &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; La diff&#233;rence est consid&#233;rable : &#171; ne fais pas qu'il vienne &#187; n'est pas la m&#234;me chose que : &#171; fais qu'il ne vienne pas &#187;. Dans le premier cas on ne fait rien pour qu'il vienne ; dans le second, on l'emp&#234;che positivement de venir.&lt;br class='autobr' /&gt; Reportons-nous maintenant au texte grec. Un verbe, dans cette langue, comme en fran&#231;ais, peut prendre un sens causatif. Par exemple : &#244; ze&#251;, m&#232; m'h&#232;leis &#225;neu dor&#243;s (Sophocle, Frag. 453). Mot &#224; mot : &#171; Zeus, ne me surprends pas sans ma lance &#187;.De m&#234;me, en faisant du verbe, dans St Mathieu, un causatif, nous obtenons : &#171; Fais que nous ne soyons pas conduits dans la tentation &#187;, ou, plus simplement : &#171; ne nous laisse pas entrer dans la tentation &#187;. Tel est ici le sens.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous avons vu que dans la parataxe, les membres unis par la conjonction se trouvent, grammaticalement sur le m&#234;me plan, mais que, pour le sens, l'un est subordonn&#233; &#224; l'autre. L'accent tombe sur le second membre. Nous traduisons donc : &#171; loin de nous laisser entrer dans la tentation, tiens-nous &#224; l'&#233;cart du D&#233;mon &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; La nouvelle traduction, quant &#224; elle, dit : &#171; Ne nous laisse pas entrer en tentation &#187;. Nous pouvons nous demander si elle ne trahit pas la pens&#233;e de St Mathieu. L'Abb&#233; Carmignac fait justement remarquer que les deux expressions ; &#171; entrer en &#187; et &#171; entrer dans &#187; ne sont pas &#233;quivalentes : &#171; entrer en jeu &#187; n'est pas la m&#234;me chose que &#171; entrer dans le jeu &#187;. La premi&#232;re signifie : &#171; commencer &#224; jouer &#187;, la seconde &#171; participer &#224; un jeu d&#233;j&#224; commenc&#233; &#187;. La diff&#233;rence n'est pas mince pour le texte qui nous int&#233;resse. Dans la nouvelle traduction, nous demandons au P&#232;re de ne pas &#234;tre tent&#233;s par le D&#233;mon, dans la n&#244;tre, d'&#233;chapper &#224; la tentation. Or, les Evangiles nous disent que nous serons tous tent&#233;s. Inutile de multiplier les exemples : &#171; Pierre, j'ai pri&#233; pour toi, pour que ta foi ne d&#233;faille pas &#187;. Sans compter que, grammaticalement, l'opposition entre les &#171; eis &#187; du grec : &#171; &#224; l'int&#233;rieur de &#187;, et le &#171; ap&#242; &#187;, &#171; loin de &#187;, est effac&#233;e. Enfin, dans la nouvelle traduction, on ne voit pas tr&#232;s bien qui est l'auteur de la tentation ; Satan ou nous-m&#234;mes, par notre concupiscence ?&lt;br class='autobr' /&gt; St Luc, qui, excellent hell&#233;niste, a bien compris que les deux demandes n'en faisait qu'une, exprim&#233;e de deux fa&#231;ons diff&#233;rentes, et, comme il tend &#224; la simplification, il a purement et simplement supprim&#233; le second membre.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour &#234;tre enti&#232;rement fid&#232;le au texte de St Mathieu, nous traduirons donc : &#171; Loin de nous laisser entrer, pour y consentir, dans le pi&#232;ge de la tentation, tiens-nous &#224; l'&#233;cart du D&#233;mon &#187;. Phrase un peu lourde, nous en convenons ; mais, pour notre d&#233;fense, nous citerons J. Carmignac : &#171; L'essentiel est que l'on comprenne exactement la pri&#232;re enseign&#233;e par le Christ : &#171; Fais que nous n'entrions pas dans la tentation (en y consentant). &#187; Ensuite aux litt&#233;rateurs de trouver en chaque langue l'expression la plus heureuse &#187;. (op. cit. page 293). Nous convions donc nos lecteurs &#224; exprimer mieux que nous, sans en trahir le sens, la sixi&#232;me demande du &#171; Notre P&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P.S. Puisqu'il s'est agi de changement, nous sera-t-il permis d'en sugg&#233;rer un, qui n'engage pas la Foi, mais simplement la grammaire : &#171; Comme nous pardonnons aussi &#224; ceux qui nous ont offens&#233;s &#187;. Aussi ? Quels sont les autres ? Ceux qui ne nous ont pas offens&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt; Disons plut&#244;t, si nous voulons parler fran&#231;ais : &#171; Comme, nous aussi, nous pardonnons&#8230; &#187; Bien s&#251;r, ce n'est que de la grammaire ; mais, quand la langue fourche, la pens&#233;e aussi peut s'&#233;garer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les calendriers de Qumr&#226;n</title>
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		<dc:creator>admin_cryptos</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Bruno Bioul&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Qumran-" rel="directory"&gt;Q&#251;mran&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mademoiselle Demanche avait laiss&#233; &#224; l'Association un certain nombre d'articles et de notes qui sont naturellement &#224; la disposition de ceux de nos lecteurs qui voudraient les consulter. Parmi ceux-ci elle attachait une particuli&#232;re importance &#224; celui qu'elle avait commenc&#233; concernant le jour et le mois - 25 d&#233;cembre - de la naissance de J&#233;sus, date qui serait confirm&#233;e par un calendrier retrouv&#233; &#224; Qumr&#226;n. Malheureusement le manuscrit tr&#232;s touffu et non termin&#233; semblait tr&#232;s difficile &#224; publier, n'&#233;tant encore qu'un brouillon, avec beaucoup de chiffres, et des transcriptions de l'h&#233;breu. Nous &#233;tions donc fort embarrass&#233;s pour honorer la m&#233;moire de l'auteur et accomplir son souhait de nous voir terminer son article. Mais voici qu'un fait inattendu nous permet de r&#233;parer cette situation&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; Commen&#231;ons par citer Mademoiselle Demanche - en rappelant que quelques ex&#233;g&#232;tes avertis ont trouv&#233; bon d'avancer p&#233;remptoirement qu'&#224; Qumr&#226;n aucun calendrier n'avait &#233;t&#233; retrouv&#233;&#8230; Vous trouverez le plus notable de ceux-ci (le 4Q321) en encart (Droits R&#233;serv&#233;s) gr&#226;ce &#224; l'envoi de Monsieur Bioul que nous remercions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les documents relatifs au calendrier trouv&#233;s &#224; Qumr&#226;n ne peuvent se comparer avec nos actuels calendriers. Ils ont &#224; l'&#233;vidence un but en rapport avec le culte rendu au temple par les pr&#234;tres aux &#233;poques ou aux jours les plus solennels de l'ann&#233;e liturgique. Il y a de simples &#233;num&#233;rations de mois selon leur nombre ordinal. Certains autres sont des r&#233;pertoires de Sabbats et des &#034;saisons saintes&#034; dans lesquels tous les sabbats de l'ann&#233;e sont signal&#233;s, avec les f&#234;tes bibliques - Parmi eux le 4Q326 et 327 parlent aussi de f&#234;tes sp&#233;cifiquement Qumr&#226;niennes qui n'ont pas de base biblique. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres sont des tables des tours de garde des pr&#234;tres au Temple, en accord avec la liste postexilique des noms des 24 familles de pr&#234;tres cit&#233;es en Chr 24 - 7 &#224; 19. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres sont la liste (mischmarot) des gardes au commencement de chaque mois et de chaque ann&#233;e sur un cycle de 6 ans cons&#233;cutifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
On y trouve aussi des tables de concordance des dates sp&#233;cifiques de l'ann&#233;e solaire et de l'ann&#233;e lunaire. Dans ce type de calendrier sont aussi not&#233;s les noms des gardes sacerdotales selon leur semaine. Ainsi sur ces r&#233;pertoires trois ph&#233;nom&#232;nes sont align&#233;s : le calendrier solaire, le calendrier lunaire et la liste des gardes sacerdotales dans la succession de leur service. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4Q321 est un document composite dans lequel deux dates sp&#233;cifiques de chaque mois lunaire sont coordonn&#233;es avec deux dates du calendrier solaire, sur un cycle de six ans cons&#233;cutifs. En m&#234;me temps ces jours sont aussi reli&#233;s aux listes des services de garde sacerdotale.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; Ailleurs elle &#233;crit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On a retrouv&#233; dans les manuscrits de Qumr&#226;n un nombre surprenant de documents relatifs au calendrier. Il est &#224; remarquer que la plupart sont en relation avec les dates des f&#234;tes bibliques prescrites dans le livre des Nombres. Ils nous ont apport&#233; des renseignements sur l'organisation du calendrier &#224; cette &#233;poque. &lt;br class='autobr' /&gt; La querelle du calendrier &#233;tait un des th&#232;mes aigus de d&#233;saccord chez les Juifs du second Temple. Alors que les Pharisiens avaient adopt&#233; le calendrier lunaire, Qumr&#226;n restait fid&#232;le au calendrier solaire, compos&#233; de 364 jours, r&#233;partis eux-m&#234;mes en 52 semaines pleines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; Or, nous recevons de Monsieur Bruno Bioul, qui est, rappelons-le, historien et arch&#233;ologue, charg&#233; d'enseignement &#224; l'Universit&#233; de Bourgogne, une lettre - dont est extrait le passage suivant - qui confirme ce que Mademoiselle Demanche commen&#231;ait &#224; d&#233;montrer :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Je voulais vous entretenir d'une d&#233;couverte r&#233;v&#233;l&#233;e au public en novembre 1999 dans un num&#233;ro de Holy Land par le sp&#233;cialiste isra&#233;lien Shemaryahu Talmon. Cette d&#233;couverte, qui n'est pas toute r&#233;cente, n'a &#8211; &#224; mon avis &#8211; pas re&#231;u toute la reconnaissance qu'elle m&#233;ritait parce que, justement, elle confirme l'historicit&#233; des Evangiles.&lt;br class='autobr' /&gt; Rappelons d'abord deux points largement re&#231;us . D'une part, selon l'ex&#233;g&#232;se contemporaine, les r&#233;cits de l'enfance de saint Matthieu et de saint Luc sont des &#233;crits tardifs rajout&#233;s au corpus des texte &#233;vang&#233;liques, voire m&#234;me de pures fictions, des l&#233;gendes sans aucun fondement historique&#8230;D'autre part, selon l'opinion la plus courante, le 25 d&#233;cembre, date de la No&#235;l, est la christianisation de la f&#234;te romaine de Sol Invictus, le Soleil invaincu, qui c&#233;l&#233;brait le solstice d'hiver.&lt;br class='autobr' /&gt; Et voici qu'un fragment de manuscrit de la grotte 4 de Qumr&#226;n (le 4Q320-330, et en particulier le 4Q321) vient remettre en question cette derni&#232;re interpr&#233;tation. Et, par contrecoup, remet en question aussi la premi&#232;re de ces deux id&#233;es re&#231;ues, et fait scintiller de l'&#233;clat de la v&#233;rit&#233; historique certaines pr&#233;cisions donn&#233;es dans les Evangiles de l'Enfance.&lt;br class='autobr' /&gt; On sait par le Premier livre des Chroniques (24, 1-28) que les pr&#234;tres &#224; qui incombait le service du Temple &#233;taient r&#233;partis en 24 classes sacerdotales qui oeuvraient &#224; tour de r&#244;le deux fois par an pour une dur&#233;e d'une semaine chaque fois. D'autre part saint Luc (1, 5) nous apprend que Zacharie, le p&#232;re de Jean-Baptiste, &#233;tait un pr&#234;tre de la classe d'Abia, et qu'un ange lui apparut alors qu'il officiait dans le Temple pour lui annoncer que sa femme &#233;tait enceinte. Le fragment de Qumr&#226;n est justement un calendrier des services du Temple, qui sp&#233;cifie, pour chaque semaine de l'ann&#233;e, la classe sacerdotale qui doit officier dans le temple. C'est ainsi que l'on sait que la classe de Zacharie prenait son service dans la premi&#232;re ann&#233;e du cycle de six ans, le troisi&#232;me mois (siwan), dans la semaine du 8 au14, et le huiti&#232;me mois de l'ann&#233;e (heshwan), dans la semaine du 24 au 30.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette derni&#232;re date correspond &#224; la fin de notre mois de septembre (notons que le calendrier byzantin f&#234;te la conception de Jean-Baptiste le 23 septembre justement) : saint Jean-Baptiste serait donc n&#233; 9 mois plus tard, c'est-&#224;-dire vers le 24 juin, qui est pr&#233;cis&#233;ment la f&#234;te de saint Jean.&lt;br class='autobr' /&gt; Or, comme le m&#234;me Luc nous pr&#233;cise que l'Annonciation a eu lieu six mois apr&#232;s la conception de saint Jean (Lc 1, 26), J&#233;sus serait n&#233; 6 mois apr&#232;s Jean-Baptiste, donc vers le 25 d&#233;cembre. CQFD.&lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi, &#224; nouveau, les manuscrits de Qumr&#226;n viennent apporter une preuve indiscutable de l'historicit&#233; des Evangiles en accr&#233;ditant la date du 25 d&#233;cembre (l'ann&#233;e est toujours discut&#233;e) pour la naissance du Christ.&lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;cid&#233;ment, Qumr&#226;n nous r&#233;serve encore de belles surprises !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terminons par ces deux points que Mademoiselle Demanche pensait d&#233;velopper elle-m&#234;me dans sa conclusion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Rendre gr&#226;ce pour cette preuve, non cherch&#233;e, mais donn&#233;e par le jeu des d&#233;couvertes arch&#233;ologiques et des recherches historiques men&#233;es par des savants non-chr&#233;tiens de l'Universit&#233; h&#233;bra&#239;que de J&#233;rusalem &#8211; qu'on ne peut accuser de partialit&#233;. Ne pas m&#233;priser les anciennes traditions liturgiques malmen&#233;es par la m&#233;thode historico-critique. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#233;vangiles apocryphes</title>
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		<description>&lt;p&gt;Marie Christine Ceruti&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Apocryphes-" rel="directory"&gt;Apocryphes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'adjectif &#171; apocryphe &#187;, s'il se r&#233;f&#232;re &#224; des textes chr&#233;tiens, que ce soit dans son acception positive et primitive &#8211; dans le sens qui a &#233;t&#233; utilis&#233; d'abord &#8211; de &#171; secret &#187;, &#171; cach&#233; &#187;, ou dans celui, n&#233;gatif et post&#233;rieur, de &#171; faux &#187;, &#171; inauthentique &#187;, implique un jugement de la part de celui qui conna&#238;t, tire profit, lit un texte d&#233;termin&#233; et le d&#233;finit pr&#233;cis&#233;ment comme &#171; apocryphe &#187;. Il s'agit donc d'un mot connexe au moment de la r&#233;ception plus qu'&#224; celui de la composition du texte&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; C'est ainsi que Emanuela Prinzivalli, professeur associ&#233; d'histoire du Christianisme antique &#224; l'Universit&#233; d'&#233;tudes de P&#233;rouse commence un article sur les apocryphes. D'embl&#233;e nous voyons que la r&#233;alit&#233; des faits (rapport&#233;e ou non par les Evangiles) est une valeur qui n'existe pas. Seule existe la subjectivit&#233;, le &#171; pour soi &#187;, parce que &#171; il n'y a pas de faits mais seulement des interpr&#233;tations &#187; selon la formule de Nietzsche que vient de fustiger Monseigneur Caffarra, le nouvel archev&#234;que de Bologne, en soulignant que nous avons affaire &#224; une philosophie qui domine notre culture et rend toute &#233;ducation impossible. (C'est ce pr&#233;suppos&#233; qui atteint de plein fouet la question de l'historicit&#233; des Evangiles mais qui pourrit aussi toute la question de la connaissance et &#224; travers elle notre soci&#233;t&#233; en lui &#244;tant la vertu indispensable de l'esp&#233;rance.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous assistons aujourd'hui &#224; une nouvelle offensive, un nouveau cheval de Troie pour entrer dans la citadelle catholique et essayer d'en saper les bases en d&#233;truisant les Evangiles. J'avais remarqu&#233; depuis quelque temps qu'&#224; la fin des conf&#233;rences sur leur historicit&#233; une personne au moins posait la question de ce qu'il fallait penser des &#233;vangiles apocryphes. La r&#233;action normale, celle qu'a eue l'abb&#233; Carmignac (Cf. notre n&#176; 18) devant cette m&#234;me interrogation &#224; la fin de la conf&#233;rence de Cambrai, consistait &#224; dire : il s'agit soit de r&#233;cits de style &#171; contes de No&#235;l &#187;, un peu mi&#232;vres et sans importance, soit de textes qui s'inspirent des vrais Evangiles en y m&#234;lant adroitement les th&#232;ses gnostiques. Quant &#224; la valeur historique de ces &#233;crits, il faut dire que tel ou tel passage peut &#233;ventuellement renfermer quelque souvenir historique mais qu'il vaut mieux &#234;tre prudent sur les points de d&#233;tail et tout &#224; fait sceptique sur l'ensemble. C'&#233;tait l'attitude du chr&#233;tien s&#233;rieux. Aujourd'hui tout a chang&#233; et nous lisons, nous entendons partout que les Evangiles canoniques &#233;tant le fruit de longues traditions - orales qui plus est -, le r&#233;sultat de ce que des communaut&#233;s tardives ont voulu nous faire savoir de ce que &#171; pour elles &#187; &#233;tait le Christ, la somme de couches s&#233;dimentaires vari&#233;es empil&#233;es au cours des &#226;ges&#8230; ils ont exactement le m&#234;me pedigree que les apocryphes. Et comme, de plus ou moins bonne foi, certains ex&#233;g&#232;tes n'h&#233;sitent pas &#224; dire que les &#233;vangiles apocryphes ont peut-&#234;tre &#233;t&#233; &#233;crits un peu tard mais qu'ils comportent des &#171; &#233;l&#233;ments &#187; plus anciens sans doute que les canoniques, nous nous apercevons tout d'un coup qu'ils n'h&#233;sitent pas non plus, au besoin, &#224; faire d'un &#233;vangile apocryphe l'&#233;talon qui va permettre de juger de l'historicit&#233; ou de la valeur du texte d'un Evangile canonique. &lt;br class='autobr' /&gt; En analysant de pr&#232;s les textes ex&#233;g&#233;tiques on s'aper&#231;oit avec effarement que toutes les excuses sont bonnes (ou m&#234;me pas d'excuse du tout) pour vieillir les apocryphes (comparez les dates qui leur sont donn&#233;es dans les diff&#233;rents manuels : non seulement elles varient beaucoup d'un ex&#233;g&#232;te &#224; l'autre, mais la tendance est toujours d'affirmer &#171; telle date mais en fait origine beaucoup plus ancienne&#8230; &#187;), alors que pour les Evangiles canoniques c'est l'inverse tous les pr&#233;textes sont avanc&#233;s pour les rajeunir. Voyez ceci par exemple : La d&#233;couverte du papyrus Rylands interdisait &#224; tout jamais que l'Evangile de Saint Jean puisse &#234;tre dat&#233; de plus tard que de 100, il n'emp&#234;chait pas du tout qu'il le soit de 50 ou m&#234;me de plus t&#244;t, mais le ch&#339;ur des ex&#233;g&#232;tes a d&#233;cr&#233;t&#233; qu'il datait par cons&#233;quent de 100. &lt;br class='autobr' /&gt; Une autre perfidie s'ajoute &#224; la premi&#232;re : il s'agit d'attribuer &#224; l'Eglise des origines la culpabilit&#233; d'avoir impos&#233; dictatorialement la canonicit&#233; des textes qui lui &#233;taient le plus profitables. Autrement dit ce n'est pas parce que les Evangiles canoniques reproduisent des faits r&#233;ellement arriv&#233;s qu'ils sont entr&#233;s au canon des Ecritures, non c'est parce que l'Eglise despote et assoiff&#233;e de pouvoir a consid&#233;r&#233; arbitrairement que ceux-l&#224; soutiendraient son autorit&#233; et que tout aussi arbitrairement elle a exclu les autres qui pouvaient lui nuire, bien qu'ils eussent la m&#234;me valeur. . &lt;br class='autobr' /&gt; Il est &#233;vident ici que des travaux comme ceux de l'abb&#233; Carmignac et de tous nos amis, qui datent les Evangiles canoniques de l'&#233;poque o&#249; vivaient encore des t&#233;moins oculaires, mettent en grande difficult&#233; notre cheval de Troie. S'il existe un foss&#233;, large et non-navigable, entre les dates des canoniques et celles des apocryphes, si les premiers rel&#232;vent de t&#233;moins et les autres pas du tout, comment attribuer plus de &#171; v&#233;rit&#233; &#187; aux seconds ou pr&#233;tendre que leur exclusion a &#233;t&#233; inique ? Le cheval tombe &#224; l'eau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le S&#233;natus-Consulte de l'an 35, Porphyre et la relation de Pilate</title>
		<link>https://abbe-carmignac.org/?Le-Senatus-Consulte-de-l-an-35</link>
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		<dc:date>2017-11-20T09:27:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>admin_cryptos</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ilaria Ramelli&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Historicite-des-Evangiles-" rel="directory"&gt;Historicit&#233; des &#201;vangiles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous nous effor&#231;ons normalement de ne publier qu'un seul article d'un m&#234;me auteur dans le m&#234;me num&#233;ro. Le Professeur Ramelli vient pourtant de faire une telle d&#233;couverte chez Porphyre que nous ne voulons pas priver nos lecteurs d'un article qu'elle a refait expr&#232;s pour notre association, parall&#232;lement au compte-rendu officiel publi&#233; dans la revue internationale Aevum (mai 2004). Les cons&#233;quences pour l'historicit&#233; des Evangiles sont impressionnantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La l&#233;gislation anti-chr&#233;tienne &#224; Rome remonte &#224; quelques ann&#233;es apr&#232;s la mort et la R&#233;surrection de J&#233;sus-Christ et est due &#224; un s&#233;natus-consulte &#8211; c'est-&#224;-dire &#224; une d&#233;cision officielle du S&#233;nat &#8211; de l'an 35 (1), m&#234;me si le pouvoir imp&#233;rial n'a pas donn&#233; suite aux accusations port&#233;es contre les Chr&#233;tiens au moins jusqu'en 62 : avant cette date, en effet, les Chr&#233;tiens n'ont jamais &#233;t&#233; condamn&#233;s en tant que tels par aucune autorit&#233; romaine. La nouvelle de l'existence du Christianisme est arriv&#233;e &#224; Rome au moins en 35 (2), quand Tib&#232;re, empereur de 14 &#224; 37 ap. J.-C., entendit parler du Christ et des Chr&#233;tiens et proposa au S&#233;nat &#8211; &#224; qui revenait de d&#233;cider, &#224; l'&#233;poque des Julio-Claudiens, s'il fallait accueillir de nouvelles divinit&#233;s &#8211; de reconna&#238;tre l&#233;galement le Christianisme. Le S&#233;nat refusa et proclama celui-ci superstitio illicita, de telle fa&#231;on que ses membres &#224; partir de ce moment furent passibles de mort ; Tib&#232;re cependant mit son v&#233;to aux accusations anti-chr&#233;tiennes, qui n'eurent pas cours avant N&#233;ron. Tertullien l'atteste autour de l'an 200 dans Apol. 5, 2, un passage consid&#233;r&#233; comme historique par Madame Sordi et par Fabbrini et &#171; apolog&#233;tique &#187; par d'autres. Mais Tertullien, d'apr&#232;s qui seuls les mauvais empereurs pers&#233;cutaient le Christianisme, n'aurait pas eu int&#233;r&#234;t &#224; inventer une telle condamnation par le S&#233;nat qui aurait d'ailleurs pu &#234;tre d&#233;mentie par ses destinataires (les Romani imperii antistites &#8211; les chefs de l'empire romain - qui pouvaient consulter les actes de l'&#233;poque de Tib&#232;re). D'ailleurs cette information de Tertullien correspond parfaitement &#224; la ligne politique de Tib&#232;re qui agissait consiliis et astu selon l'historien Tacite, Annales VI 32, et non par la force : pour pacifier la Palestine, il voulait reconna&#238;tre la nouvelle secte - juda&#239;que, messianique mais pas anti-romaine - d&#233;j&#224; largement r&#233;pandue en Jud&#233;e, en soustrayant au Sin&#232;dre toute juridiction sur elle, comme il avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait pour les Samaritains. En effet, apr&#232;s le refus du S&#233;nat, Tib&#232;re envoya en Orient, avec tout pouvoir d'action, son l&#233;gat Lucius Vitellius, qui en 36-37 d&#233;posa Ca&#239;phe , le grand pr&#234;tre qui pr&#233;sidait le Sin&#232;dre quand J&#233;sus fut condamn&#233; &#224; mort, et renvoya Pilate &#224; Rome, comme l'attestent l'historien Juif d'&#233;poque flavienne Flavius-Jos&#232;phe (Ant. Iud. XVIII 89-90 ; 122) et des sources orientales ind&#233;pendantes de Tertullien (3) : ce sont justement les commentarii de L. Vitellius, cit&#233;s par Tertullien dans De anima, 46, qui &#233;taient probablement la source de la nouvelle donn&#233;e par Tertullien, qu'il connaissait aussi gr&#226;ce &#224; l'apologie du s&#233;nateur Apollonius, martyr chr&#233;tien en 183-185.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'historicit&#233; de cette nouvelle de Tertullien, reprise ensuite par divers auteurs chr&#233;tiens latins, grecs et orientaux, est confirm&#233;e aujourd'hui, je crois, par un fragment du n&#233;oplatonicien Porphyre de Tyr (233-300 environ) ins&#233;r&#233; dans l'Apocriticus de l'auteur chr&#233;tien Macaire de Magn&#233;sie Livre II chapitre 14 (extrait inclus par von Harnack comme fragment 64 dans son recueil de fragments de l'Adversus Christianos de Porphyre). Ce passage remonte aux ann&#233;es soixante du troisi&#232;me si&#232;cle et a &#233;t&#233; soumis r&#233;cemment par moi &#224; l'attention des sp&#233;cialistes. Dans celui-ci Porphyre se r&#233;f&#232;re certainement &#224; l'&#233;poque du r&#232;gne de Tib&#232;re, peu de temps apr&#232;s le R&#233;surrection qui eut lieu en 30 ap. J.-C., et il affirme que J&#233;sus, une fois ressuscit&#233;, n'aurait pas d&#251; appara&#238;tre &#224; d'obscures personnes &#8211; une critique qui se trouve d&#233;j&#224; chez Celse, le pol&#233;miste n&#233;oplatonicien et antichr&#233;tien, auteur du Discours V&#233;ritable vers la fin des ann&#233;es 70 du deuxi&#232;me si&#232;cle (fragment conserv&#233; par Orig&#232;ne Contre Celse II 59) et &#224; laquelle r&#233;pondait Tertullien autour de 200 ap. J.-C. dans Apol. 21, 22 -, mais au contraire &#224; des personnages d'importance et dignes de foi, contemporains de l'&#233;v&#233;nement : &#171; Pourquoi J&#233;sus, apr&#232;s la passion, selon votre r&#233;cit, et la r&#233;surrection, n'apparut-il pas &#224; Pilate qui l'avait puni, et qui disait pourtant qu'il n'avait rien commis qui soit passible de mort, ou &#224; H&#233;rode, le roi des Juifs, ou au grand pr&#234;tre de la &#171; fratrie &#187; juive, ou &#224; beaucoup d'hommes contemporains et dignes de foi, et surtout au S&#233;nat et au peuple de Rome, afin que ceux-ci, stup&#233;faits de ses prodiges, ne puissent, d'un commun accord, &#233;mettre une sentence de mort, sous accusation d'impi&#233;t&#233;, contre ceux qui lui &#233;taient ob&#233;issants ? &#187; : nous voyons d&#233;j&#224; ici que Porphyre se r&#233;f&#232;re &#233;videmment au S&#233;nat en charge &#224; l'&#233;poque de la R&#233;surrection qui aurait &#233;mis une sentence de mort contre les premiers Chr&#233;tiens. Porphyre poursuit : &#171; Mais il apparut &#224; Marie-Madeleine, une femme du peuple [&#8230;] qui avait &#233;t&#233; poss&#233;d&#233;e par sept d&#233;mons, et avec elle &#224; une autre Marie, compl&#232;tement inconnue, elle aussi femme du commun, et &#224; quelques autres personnes d&#233;pourvues de toute notori&#233;t&#233;. [&#8230;] En fait s'il s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233; &#224; des hommes d'importance, par leur interm&#233;diaire tout le monde aurait cru et aucun juge ne les aurait punis comme inventeurs de r&#233;cits absurdes. En fait il ne pla&#238;t certainement pas &#224; Dieu, et pas davantage &#224; un homme sens&#233;, que beaucoup soient expos&#233;s par sa faute &#224; des peines de la pire esp&#232;ce &#187;. La d&#233;cision unanime du S&#233;nat romain qui, selon Porphyre, accusait d'impi&#233;t&#233; et condamnait &#224; mort les Chr&#233;tiens, peu de temps apr&#232;s l'ann&#233;e 30, est le s&#233;natus-consulte de l'&#233;poque de Tib&#232;re dont parle Tertullien, dans le passage auquel je me r&#233;f&#233;rais plus haut et qu'il est bon de rapporter ici : &#171; Tib&#232;re donc, &#224; l'&#233;poque o&#249; le nom de chr&#233;tien entra dans le monde, quand il lui fut annonc&#233; de la Syrie-Palestine les faits ayant r&#233;v&#233;l&#233; l&#224;-bas la v&#233;rit&#233; de la divinit&#233; [du Christ], fit une proposition devant le S&#233;nat, en &#233;mettant le premier un vote favorable. Le S&#233;nat, comme il n'avait pas eu personnellement de preuves, repoussa la proposition. C&#233;sar [ici Tib&#232;re] ne changea pas d'avis, prescrivant la peine de mort aux accusateurs des Chr&#233;tiens. Consultez vos annales : vous trouverez que ce fut N&#233;ron le premier &#224; s&#233;vir contre ce groupe religieux, qui fleurissait alors grandement &#224; Rome, en se servant du pouvoir imp&#233;rial de condamner. &#187; (4) Et Porphyre ne peut certes pas &#234;tre soup&#231;onn&#233; d'intentions apolog&#233;tiques comme Tertullien. &lt;br class='autobr' /&gt;
La condamnation des Chr&#233;tiens comme inventeurs d'histoires sans fondements concorde avec la probatio manqu&#233;e du S&#233;nat et son refus de la proposition de Tib&#232;re, qui rendit le Christianisme superstitio illicita dont les adeptes &#233;taient passibles de mort pour impi&#233;t&#233; (as&#233;beia). C'est de ce m&#234;me crime que les chr&#233;tiens sont accus&#233;s aussi dans l'Edit de Nazareth, du r&#232;gne de N&#233;ron (datant probablement de 62) : Ils auraient subi &#171; un proc&#232;s de diis [as&#233;beia] pour culte rendu aux hommes &#187;. Un &#233;cho de cet &#233;dit, qui formellement condamne les voleurs de cadavres (ce que les Chr&#233;tiens &#233;taient accus&#233;s d'&#234;tre : Mt 28, 2), se trouve dans les &#233;pisodes de violation de s&#233;pultures et de &#171; r&#233;surrection &#187; chez les romanciers Chariton d'Aphrodisias et P&#233;trone, contemporains de l'&#233;dit (P&#233;trone a &#233;crit le Satyricon au d&#233;but des ann&#233;es 60 du Ier si&#232;cle ; Chariton a &#233;crit son roman grec Les Aventures de Chaereas et Callirrho&#233; probablement &#224; la m&#234;me p&#233;riode, m&#234;me si une date l&#233;g&#232;rement plus tardive n'est pas exclue). Eh bien ! la base juridique pour le proc&#232;s pour impi&#233;t&#233; dont parle l'Edit de Nazareth &#233;tait le s&#233;natus-consulte de 35 (ap. J.-C.)&lt;br class='autobr' /&gt; Mais comment Tib&#232;re avait-il entendu parler des Chr&#233;tiens de Jud&#233;e ? Probablement ce fut Pilate qui lui envoya un rapport. L'arriv&#233;e de celui-ci &#224; Rome est dat&#233;e pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'an 35, et sur la base de ce t&#233;moignage l'empereur pr&#233;senta sa proposition. Aussi bien le chr&#233;tien platonicien Justin Martyr, actif &#224; Rome autour de la moiti&#233; du second si&#232;cle, Premi&#232;re Apologie 35 et 48, que Tertullien lui-m&#234;me, Apologie 5, 2 et 21, 24, connaissent ce rapport de Pilate. Il ne faut pas confondre celui-ci avec la version interpol&#233;e qui nous est parvenue ni avec le faux r&#233;cit que l'empereur Maximin Daia a fait composer au d&#233;but du quatri&#232;me si&#232;cle pour discr&#233;diter les Chr&#233;tiens, lesquels r&#233;pondirent avec la r&#233;daction des Actes de Pilate apocryphes. Il est bien connu que la tradition chr&#233;tienne des deux premiers si&#232;cles a une opinion positive de Pilate, tandis qu'&#224; partir du III&#232;me&#8211;IV&#232;me si&#232;cle celui-ci commence &#224; &#234;tre vu n&#233;gativement : C'est l'historien de l'Eglise Eus&#232;be de C&#233;sar&#233;e (224-340) qui, le premier, &#224; l'&#233;poque de Constantin, le fait mourir suicidaire sous Caligula, in Histoire Eccl&#233;siastique II, 7, une information qu'il dit venir de chroniqueurs grecs des Olympiades, mais qui est ignor&#233;e de l'ex&#233;g&#232;te et th&#233;ologien chr&#233;tien Orig&#232;ne d'Alexandrie (185-254), dans son &#339;uvre pol&#233;mique Contra Celsum, II 34. Pour Tertullien (Apologie 21), Pilate &#233;tait carr&#233;ment iam pro sua conscientia Christianus, [d&#233;j&#224; Chr&#233;tien dans sa conviction intime] et aurait communiqu&#233; &#224; Tib&#232;re la mort de J&#233;sus : ea omnia super Christo [...] Caesari tum Tiberio nuntiavit [tout cela au sujet du Christ [&#8230;] il l'annon&#231;a alors &#224; C&#233;sar], et il en est de m&#234;me dans les Acta Pilati de l'Evangelium Nicodemi, [Actes de Pilate de l'&#233;vangile de Nicod&#232;me], dont le &#171; noyau &#187; original remonte au II&#232;me si&#232;cle, o&#249; Pilate est favorable &#224; J&#233;sus. Ce qui corrobore la tradition selon laquelle Pilate, sous l'influence de sa femme, se serait converti apr&#232;s la mort et la R&#233;surrection de J&#233;sus. (Cf. Tertullien, Justin, apocryphes). D'apr&#232;s ce que dit Justin, Pilate dans son rapport &#224; Rome parlait aussi bien des miracles que de la r&#233;surrection de J&#233;sus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me semble extr&#234;mement important d'insister sur le fait que l'information de Porphyre provient d'une source non-chr&#233;tienne, qui ne peut par cons&#233;quent pas &#234;tre soup&#231;onn&#233;e de tendances apolog&#233;tiques, pas plus que deux des sources non-chr&#233;tiennes les plus anciennes sur J&#233;sus, sur sa mort, sa r&#233;surrection et ses premiers disciples : le c&#233;l&#232;bre Testiimonium Flavianum de l'historien juif Flavius-Jos&#232;phe, cit&#233; plus haut, qui rappelle J&#233;sus comme &#8220;homme sage&#8221; (soph&#242;s an&#233;r), appel&#233; le Christ, auteur de miracles, mis &#224; mort par les chefs juifs, que ses disciples continuent &#224; aimer ressuscit&#233;&#8230;, et d'autre part la lettre syriaque du sto&#239;cien Mara bar S&#233;rapion qui, apr&#232;s 70, rappelle le &#171; roi sage &#187; (mlk' hkm') des juifs par eux mis &#224; mort mais encore vivant &#171; gr&#226;ce aux lois nouvelles promulgu&#233;es par lui &#187;. (5)&lt;br class='autobr' /&gt; Le S&#233;nat, en d&#233;clarant le Christianisme superstitio illicita, a fourni la base juridique des pers&#233;cutions, &#224; partir de N&#233;ron qui le premier leur a donn&#233; cours et qui pour cette raison est appel&#233; par Tertullien dans l'Apologeticum le dedicator damnationis nostrae (auteur de notre condamnation judiciaire) : d'o&#249; l'expression institutum Neronianum (disposition institu&#233;e par N&#233;ron) dont parle Tertullien dans Ad nationes I 13-14. C'est seulement avec le tournant de 62, quand, entre autres, la r&#233;pudiation d'Octavie, fille de l'empereur Claude &#233;pous&#233;e par N&#233;ron en 52, fut suivie des noces de l'empereur avec Popp&#233;e Sabine que commenc&#232;rent les hostilit&#233;s contre les Chr&#233;tiens : avant cette date N&#233;ron, encore sous l'influence de S&#233;n&#232;que, avait continu&#233; la politique de ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Bien plus, en 57 il avait fait juger et absoudre une certaine Pomponia Graecina par un tribunal domestique pr&#233;sid&#233; par son mari, l'homme consulaire Aulus Plautius, selon une ancienne proc&#233;dure. Or la superstitio externa (le culte religieux &#233;tranger) dont &#233;tait accus&#233;e cette femme, &#233;tait selon toute probabilit&#233; le Christianisme : sa conduite de vie aust&#232;re prenait pour excuse le deuil d&#251; &#224; la mort de son amie Iulia Drusi, survenue justement en 42, l'ann&#233;e de la premi&#232;re venue de saint Pierre &#224; Rome. Ce n'est pas tout, car pendant la premi&#232;re partie du r&#232;gne de N&#233;ron, saint Paul qui avait fait appel &#224; celui-ci et qui fut jug&#233; par lui ou par son pr&#233;cepteur le philosophe n&#233;o-sto&#239;cien S&#233;n&#232;que (&#8224; 65 ap. J.-C.) &#224; moins que ce ne soit par le pr&#233;fet du pr&#233;toire Afranius Burrus (&#8224; 63 ap. J.-C.), fut acquitt&#233;. Il jouit, en attendant son proc&#232;s, d'une garde militaire tr&#232;s bienveillante et, comme l'attestent les derniers mots des Actes des Ap&#244;tres, il eut pleine libert&#233; pour pr&#234;cher l'Evangile et put r&#233;pandre le Christianisme dans le Pr&#233;toire &#8211; qui en 54 avait proclam&#233; N&#233;ron empereur et &#233;tait pr&#233;sid&#233; pr&#233;cis&#233;ment par Burrus &#8211; et dans la domus Caesaris (Philippiens 1, 13 ; 4, 22). Le proc&#232;s de l'ap&#244;tre, qui eut lieu en 58 si nous prenons pour base la chronologie dont nous parlions ci-dessus, est &#224; peu pr&#232;s contemporain de celui de Pomponia. Et l'issue en fut tout autant favorable : la condamnation faite par le S&#233;nat n'eut pas de suites avant 62 parce que l'empereur Tib&#232;re, exer&#231;ant son pouvoir imp&#233;rial (le veto qu'il avait le droit d'opposer de par la tribunicia potestas dont il &#233;tait investi en tant qu'empereur) contre celui du S&#233;nat, l'avait rendu inop&#233;rante, comme l'atteste Tertullien, et ce fut seulement N&#233;ron qui la rendit effective, en d&#233;clenchant les pers&#233;cutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La cr&#233;dibilit&#233; de l'Incarnation racont&#233;e par les Evangiles et celle de l'existence historique de J&#233;sus</title>
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		<description>&lt;p&gt;Marta Sordi&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Historicite-des-Evangiles-" rel="directory"&gt;Historicit&#233; des &#201;vangiles&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marta Sordi est Professeur &#233;m&#233;rite d'Histoire grecque et romaine de l'une des plus prestigieuses Universit&#233;s d'Italie : &#171; La Cattolica &#187; de Milan, o&#249; elle a par ailleurs eu pendant de nombreuses ann&#233;es la charge de Directeur de l'Institut d'Histoire Antique. Elle est membre de l'Institut d'Etudes Etrusques et correspondante de l'Acad&#233;mie Pontificale d'Arch&#233;ologie et fait partie du comit&#233; de r&#233;daction de revues publi&#233;es tant en Italie qu'ailleurs dans le monde. Elle a bien voulu nous communiquer l'article suivant paru dans la revue Il Timone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'existence historique du Christ ne peut &#234;tre mise en doute par personne : Il a v&#233;cu &#224; une des &#233;poques les mieux connues de l'histoire romaine, entre le r&#232;gne d'Auguste et celui de Tib&#232;re, &#224; une &#233;poque pleine de sens critique, o&#249; m&#234;me dans une province comme la Jud&#233;e et m&#234;me chez des personnes simples et d&#233;munies d'une culture raffin&#233;e, la r&#233;action au miracle n'allait pas du tout de soi, comme le r&#233;v&#232;lent la premi&#232;re r&#233;action de Marthe &#224; l'ordre de J&#233;sus de retirer la pierre qui fermait la tombe de Lazare, ou celle des Ap&#244;tres &#224; l'annonce, apport&#233;e par les femmes, de la R&#233;surrection. Pr&#233;tendre d&#233;mythiser les Evangiles, comme si nous nous trouvions devant des l&#233;gendes d'&#233;poques primitives, est le r&#233;sultat d'un pr&#233;jug&#233;, qui confond le &#171; prouvable &#187;, dans le sens de ce &#224; quoi on peut apporter des preuves, qui est l'objet de l'histoire, avec le &#171; vraisemblable &#187;, qui d&#233;pend de l'opinion courante. Et que les auteurs des Evangiles canoniques aient eu l'intention de faire &#339;uvre historique et non de raconter des fables, en se tenant, selon la m&#233;thode de l'historiographie antique, au r&#233;cit de t&#233;moins oculaires bien inform&#233;s des &#233;v&#233;nements, voil&#224; qui nous est r&#233;v&#233;l&#233; non seulement par l'&#233;lection de Matthias, choisi pour remplacer Judas parmi ceux qui avaient &#233;t&#233; avec J&#233;sus &#171; depuis le bapt&#234;me de Jean jusqu'au jour o&#249; Il est mont&#233; au ciel &#187; (Actes des Ap&#244;tres I, 21 et suivants), mais aussi par l'insistance sur le concept de t&#233;moignage (martys, martyrion, martyria) et par l'usage d'une terminologie caract&#233;ristique du milieu judiciaire et historiographique dans les Synoptiques et chez Jean et enfin par le prologue lui-m&#234;me de Luc, l'unique grec parmi les Evang&#233;listes, qui, en d&#233;diant son Evangile &#224; un chevalier romain, l'egregius (kratistos) Th&#233;ophile, &#233;nonce la m&#233;thode de l'historiographie scientifique grecque : (Luc I, 1/4) &#171; Puisque beaucoup ont pris l'initiative de raconter les &#233;v&#233;nements (pr&#225;gmata), qui se sont accomplis parmi nous, comme les ont transmis ceux qui ont &#233;t&#233; depuis le d&#233;but t&#233;moins oculaires (aut&#243;pta) et serviteurs de la Parole, j'ai d&#233;cid&#233; moi aussi, apr&#232;s avoir tout suivi attentivement avec un sens critique (akribos), de t'&#233;crire avec ordre (kathex&#233;s), sur ces sujets, pour que tu saches la s&#251;ret&#233; (asphaleia) des propos qui t'ont &#233;t&#233; enseign&#233;s de vive voix (kathechetes) &#187; : Il y a l&#224; l'autopsie, fondamentale &#224; partir d'H&#233;rodote, du compte-rendu historique et de l'exercice de la critique (akribeia) dont Thucydide a fait la th&#233;orie, qui donne la certitude historique (asphaleia) &#224; l'enseignement oral.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans l'exhortation finale de J&#233;sus aux Ap&#244;tres, l&#224; o&#249; Matthieu (28, 19) dit &#171; Enseignez tous les peuples &#187; et Marc (16,15) &#171; Annoncez (keryxate) l'Evangile &#224; toute la cr&#233;ation &#187;, Luc (24, 48) dit : &#171; Vous me serez t&#233;moins (martyres) &#187; : entre le &#171; kerygma &#187;, l'annonce de l'Evangile, et le &#171; t&#233;moignage &#187;, caract&#233;ristique de l'histoire, il y a donc identit&#233; : le kerygme n'exclut pas l'adh&#233;rence &#224; la r&#233;alit&#233; historique des &#233;v&#233;nements (pragmata), objet de l'enseignement et de l'annonce, qui prend d&#232;s le d&#233;but la forme typique de l'histoire, celle d'un r&#233;cit o&#249; l'exigence de fiabilit&#233; est fondamentale. La r&#233;daction du canon d&#232;s le II&#232;me si&#232;cle, le refus des apocryphes, souvent h&#233;r&#233;tiques, toujours imaginaires, r&#233;v&#232;lent la pr&#233;occupation de l'Eglise primitive de s'en tenir &#224; la tradition apostolique, l'unique qui, d&#233;pendant de t&#233;moins oculaires s&#251;rs de la r&#233;alit&#233; des faits racont&#233;s, donne la garantie de l'authenticit&#233; et de la cr&#233;dibilit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Christianisme est une religion fond&#233;e sur un Ev&#233;nement historique (Incarnation, Passion, Mort et R&#233;surrection du Christ) et il est par cons&#233;quent tout &#224; fait compr&#233;hensible que la cat&#233;ch&#232;se orale se soit appuy&#233;e sur le r&#233;cit historique. Et il en a &#233;t&#233; de m&#234;me, tr&#232;s vite ( Papias de Hi&#233;rapolis et Cl&#233;ment d'Alexandrie parlaient de 42 ap. J.-C. pour l'Evangile de Marc), pour la r&#233;daction &#233;crite : sur demande &#8211; disait Cl&#233;ment &#8211; des chevaliers et des C&#233;sariens qui &#224; Rome avaient adopt&#233;, &#224; l'&#233;poque de l'empereur Claude, la pr&#233;dication de Pierre. Romains et Grecs &#233;taient habitu&#233;s &#224; la lecture et il est naturel qu'ils aient demand&#233; de pouvoir lire par &#233;crit ce qu'ils avaient entendu.&lt;br class='autobr' /&gt; Si les sources chr&#233;tiennes sont, comme il est naturel, les plus importantes pour la personne historique du Christ, des sources importantes juives et pa&#239;ennes ne manquent pas non plus, d&#233;j&#224; au Ier si&#232;cle : Flavius Jos&#232;phe parlait certainement de J&#233;sus quand, dans les Antiquit&#233;s Juda&#239;ques XX, 9, 1 et sqq il rappelait le meurtre - d&#251; au grand pr&#234;tre Ananos - de Jacques le Mineur, &#171; fr&#232;re de J&#233;sus appel&#233; le Christ &#187; en 62. L'authenticit&#233; assur&#233;e de ce passage fait supposer que Flavius Jos&#232;phe avait d&#233;j&#224; parl&#233; de J&#233;sus auparavant et a amen&#233; de nombreuses personnes &#224; reprendre en consid&#233;ration le si discut&#233; testimonium flavianum (Antiquit&#233;s Juda&#239;ques XVIII, 3,3), o&#249; il est question de la crucifixion - sur l'instigation des chefs juifs et accomplie par Pilate - de J&#233;sus &#171; homme sage, si on doit l'appeler un homme, faiseur de miracles, ma&#238;tre de beaucoup, de Juifs et de Grecs qui en ont accueilli l'enseignement &#187; ; de son apparition &#171; &#224; ceux qui l'avaient aim&#233; d'abord, le troisi&#232;me jour apr&#232;s sa mort &#187; ; des Chr&#233;tiens qui prennent leur nom de lui. Aujourd'hui, si on &#233;limine les interpolations dues probablement &#224; l'insertion dans le texte de gloses marginales d'origine chr&#233;tienne (telle pourrait &#234;tre l'affirmation &#171; Il &#233;tait le Christ &#187;) on tend &#224; affirmer l'authenticit&#233; du t&#233;moignage de Jos&#232;phe.&lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait bien un pa&#239;en au contraire que Mara Bar-Serapion, sto&#239;cien syriaque qui, &#233;crivant &#224; son fils, imm&#233;diatement apr&#232;s la destruction de J&#233;rusalem, en 73 ap. J.-C. semble-t-il, voyait dans cette destruction la punition divine pour &#171; le sage roi &#187; des juifs ex&#233;cut&#233; par eux.&lt;br class='autobr' /&gt; Et Tacite &#233;tait bien pa&#239;en aussi, lui qui parlant de l'incendie n&#233;ronien de 64 et de la pers&#233;cution des Chr&#233;tiens (Ann. XV, 44, 5) disait que leur nom venait de Christ &#171; qui avait &#233;t&#233; mis &#224; mort par le procurateur Ponce Pilate, sous le r&#232;gne de Tib&#232;re &#187;. Tacite &#233;crit au d&#233;but du II&#232;me si&#232;cle, mais sa source pour ce passage est, probablement, Pline l'ancien, mort en 79. L'information semble pr&#233;supposer la connaissance du rapport de Pilate &#224; Tib&#232;re : au II&#232;me si&#232;cle Justin Martyr et Tertullien parlent d'un tel rapport. &lt;br class='autobr' /&gt; Des &#233;tudes r&#233;centes r&#233;v&#232;lent que le Christianisme &#233;tait bien connu, &#224; Rome, au Ier si&#232;cle : des parodies de sc&#232;nes &#233;vang&#233;liques se trouvent dans le Satiricon de P&#233;trone et des allusions pleines de sympathie sont faites au contraire dans les &#233;crits sto&#239;ques de l'opposition &#224; N&#233;ron. Contrairement &#224; ce qui &#233;tait affirm&#233; dans le pass&#233;, il semble que les Romains se soient aper&#231;us assez t&#244;t du fait Chr&#233;tien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Saint Luc a-t-il peint un portrait de la Vierge ?</title>
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		<description>&lt;p&gt;Marie Christine Ceruti&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Historicite-des-Evangiles-" rel="directory"&gt;Historicit&#233; des &#201;vangiles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est de bon ton aujourd'hui de rejeter cette tradition d'un revers de main en all&#233;guant que cette &#171; l&#233;gende &#187; a pour origine la description de la M&#232;re de Dieu plus amplement d&#233;peinte dans les &#233;crits de cet Evang&#233;liste que chez les autres. N'est-ce pas un peu simplet comme objection ? Et celle-ci n'est-elle pas fond&#233;e secr&#232;tement sur la peur de para&#238;tre na&#239;f aux yeux de ceux qui se pr&#233;tendent rationalistes, cette peur qui empoisonne toute l'ex&#233;g&#232;se moderne et qui est &#224; la fois paradoxalement une forme d'orgueil et de faiblesse ? &lt;br class='autobr' /&gt; M&#234;me dans l'histoire la plus profane, un fait transmis uniquement par voie orale n'est pas n&#233;cessairement faux et les exemples sont nombreux d'&#233;v&#233;nements &#171; connus &#187; uniquement par ce moyen qui par la suite ont &#233;t&#233; ratifi&#233;s gr&#226;ce &#224; la d&#233;couverte de manuscrits ou d'une pi&#232;ce arch&#233;ologique. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le cas qui nous int&#233;resse, le plus ancien t&#233;moignage &#233;crit (et il en existe d'autres), rapportant que saint Luc a peint les traits physiques de Notre Dame, remonte &#224; 520 environ, ce qui n'est pas si mal si l'on songe que la plupart des documents des auteurs latins que nous poss&#233;dons aujourd'hui remontent au neuvi&#232;me, dixi&#232;me ou onzi&#232;me si&#232;cle. Il s'agit du t&#233;moignage de Theodorus Lector, lecteur &#224; Sainte Sophie de Constantinople qui &#233;crit : &#171; Eudoxie envoya &#224; Pulch&#233;rie, de J&#233;rusalem, l'image de la m&#232;re de Dieu qu'a peinte l'&#233;vang&#233;liste Luc &#187; (Theodorus Lector, Historia Ecclesiastica, 1,5 &#8211; in Patrologia Graeca : LXXXV, 165). Eudoxie &#233;tait la femme de l'empereur r&#233;gnant d'Orient Th&#233;odose II (401-450) et Pulch&#233;rie, la s&#339;ur de ce m&#234;me empereur. La premi&#232;re s'&#233;tait rendue en Terre Sainte pour accomplir un v&#339;u et puisqu'il est connu par ailleurs qu'elle &#233;tait de retour &#224; Constantinople en 439, le mot &#171; envoya &#187; implique que l'image arriva &#224; Constantinople avant cette date. Sainte Pulch&#233;rie avait fait construire trois &#233;glises &#224; Constantinople et dans la plus importante, celle des Hodig&#242;i, elle fit installer avec honneur le portrait envoy&#233; par sa belle s&#339;ur et appel&#233; d&#232;s lors Hodig&#236;tria. Margherita Guarducci - dans son livre Il Primato della Chiesa di Roma, Rusconi 1991 - explique que d'autres sources nous informent que cette image &#233;tait peinte &#224; l'encaustique sur une grande et lourde planche de bois et qu'il y a lieu de penser qu'il s'agissait d'une de ces imagines clipeatae, si appr&#233;ci&#233;es &#224; l'&#233;poque imp&#233;riale, qui consistaient en une pi&#232;ce de bois ronde portant la t&#234;te seule, peinte plus grande que nature. Il semble ajoute-t-elle qu'&#224; Constantinople elle ait &#233;t&#233; &#171; compl&#233;t&#233;e &#187; par des artistes locaux qui auraient ins&#233;r&#233; ce visage dans un tableau plus important comprenant aussi l'enfant J&#233;sus. V&#233;n&#233;r&#233;e avec une intense d&#233;votion par des foules venues m&#234;me de Russie, d'Egypte ou de la P&#233;ninsule Ib&#233;rique, elle fut jusqu'en 1453 protagoniste de rites particuliers et couverte d'honneurs. A cette date les Turcs, ayant pris Constantinople, la bris&#232;rent &#224; coups de hache et la jet&#232;rent dans les eaux du Bosphore. Heureusement diverses copies en avaient &#233;t&#233; faites. L'une d'elle &#171; La Vierge de la Passion &#187; &#339;uvre de l'artiste Gr&#233;goire est v&#233;n&#233;r&#233;e &#224; Moscou et a &#233;t&#233; l'objet de miracles, mais la plus c&#233;l&#232;bre au monde est l'image connue sous le nom de &#171; Notre dame du Perp&#233;tuel Secours &#187; aujourd'hui &#224; l'&#233;glise Saint Alphonse &#224; Rome o&#249; elle est arriv&#233;e &#224; la suite d'un nombre extraordinaire de prodiges, cause et cons&#233;quence de miracles exceptionnels que nous rapporte l'abb&#233; Nicolas Pinaud dans le num&#233;ro 41 du Sel de la Terre. (Voir la photographie de cette &#233;glise en petit en haut &#224; droite en encart de ce num&#233;ro). Cette copie avait &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;e par le moine saint Lazare qui eut les mains br&#251;l&#233;es par ordre de l'empereur iconoclaste Th&#233;ophile (empereur de 829 &#224; 842) pour avoir peint cette image de la m&#232;re de J&#233;sus. Rappelons seulement que Bernadette de Lourdes comme s&#339;ur Lucie de Fatima ont toutes deux affirm&#233; que c'est &#224; ce visage que la Vierge ressemblait le plus. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais la plus ancienne copie et sans doute la plus proche de l'original a &#233;t&#233; d&#233;couverte &#224; l'&#233;glise de Sainte Fran&#231;oise Romaine sur le Forum par Pico Cellini en 1950. (Voir en encart l'image plac&#233;e &#224; droite.) Elle se trouvait sous plusieurs autres madones peintes en superposition &#224; diff&#233;rentes &#233;poques. Margherita Guarducci avec une m&#233;thode &#171; implacablement rigoureuse, et faisant appel &#224; diff&#233;rentes disciplines &#187; a &#233;tabli les faits suivants : Cette ic&#244;ne peinte &#224; l'encaustique est la copie sp&#233;culaire &#8211; comme dans un miroir - ex&#233;cut&#233;e sur empreinte directe de l'Hodig&#236;tria, ce qui est confirm&#233;, entre autres, par la position de l'enfant sur le bras droit au lieu du gauche. Elle a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;e entre 438 et 439 &#224; Constantinople puis envoy&#233;e &#224; la fille de l'Empereur Th&#233;odose II et d'Eudoxie qui avait &#233;pous&#233; l'empereur d'Occident Valentinien III et qui r&#233;sidait avec son mari &#224; Ravenne. A l'automne 439 le couple imp&#233;rial l'apporta &#224; Rome sur le Palatin o&#249; il s&#233;journa jusqu'&#224; la fin du printemps 440. L'image y resta au moins jusqu'&#224; la moiti&#233; du V&#232;me si&#232;cle, pour &#234;tre transf&#233;r&#233;e d'abord &#224; Sainte Marie Antique puis avec une des &#171; retouches &#187; &#233;voqu&#233;es plus haut, &#224; Sainte Marie Nouvelle ensuite appel&#233;e Sainte Fran&#231;oise Romaine. &lt;br class='autobr' /&gt; Mais du tableau original, de cette Hodig&#236;tria de Constantinople ne reste-t-il vraiment plus rien, plus rien que des copies ? C'est ici que les recherches de Madame Guarducci nous apportent une r&#233;v&#233;lation qu'elle ne met pas trop en valeur car romaine au fond du c&#339;ur, elle tient &#224; ce que Rome ait la premi&#232;re place en tout. Une tradition dit-elle qui remonte au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle (Cf. N.M. Laudisio, Sinossi della diocesi di Policastro, a cura di G.G. Visconti [=Thesaurus ecclesiarum Italiae recentioris aevi, XII 3], Roma 1976) - donc pas tr&#232;s ancienne &#8211; nous apprend que le dernier empereur d'Orient Baudouin II, fuyant Constantinople en 1261, avait emport&#233; avec lui la t&#234;te de l'Hodig&#236;tria et que la famille d'Anjou, l'ayant obtenue par h&#233;ritage, avait cr&#233;&#233;, pour elle et avec elle, la grande ic&#244;ne du Sanctuaire de Montevergine pr&#232;s d'Avellino. (Nous remercions M. Angelo Calvo et son neveu M. Virginio Tropeano d'Avellino qui ont eu l'amabilit&#233; de nous en faire parvenir pour Les Nouvelles la photographie que vous trouverez en encart sur la gauche). Tout cela pourrait n'appara&#238;tre que pieuse l&#233;gende s'il n'avait pas &#233;t&#233; remarqu&#233; depuis longtemps que le bois sur lequel &#233;tait peinte la t&#234;te de la Vierge &#233;tait de nature diff&#233;rente, si sous la peinture m&#233;di&#233;vale du tableau (et ceci pour le visage seul) n'&#233;taient pas apparues des traces de peinture plus ancienne, si la peinture de Constantinople et celle d'Avellino n'avaient pas &#233;t&#233; de dimensions plus grandes que nature, si, plus important encore, le tableau de sainte Fran&#231;oise Romaine &#8211; invers&#233; comme dans un miroir &#8211; n'avait pas correspondu pratiquement au millim&#232;tre pr&#232;s &#224; celui d'Avellino, et si d'autres sources recueillies et illustr&#233;es par Madame Guarducci, mais dont elle ne donne malheureusement pas les r&#233;f&#233;rences dans Il Primato&#8230;, ne confirmaient pas que Baudouin II avait vraiment emport&#233; avec lui la t&#234;te de l'Hodig&#236;dria. La peinture m&#233;di&#233;vale qui lui est superpos&#233;e nous emp&#234;che peut-&#234;tre &#224; jamais de voir l'ic&#244;ne originale, mais Madame Guarducci consid&#233;rait cette pi&#232;ce ronde de bois comme &#233;tant bien celle du portrait envoy&#233; &#224; sa belle s&#339;ur par Eudoxie en 438. Elle repoussait cependant sans donner de raison qu'il ait pu s'agir de l'&#339;uvre de saint Luc. Le Sel de la Terre, constatant qu'un &#233;crit du Synode de J&#233;rusalem (836) sign&#233; de 1368 dignitaires, appuie cette tradition, conclut pourtant que &#171; la critique n'a aucune preuve d&#233;cisive &#187; pour la renverser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Satiricon de P&#233;trone : tradition, parodie, allusion</title>
		<link>https://abbe-carmignac.org/?Le-Satiricon-de-Petrone-tradition</link>
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		<dc:date>2017-11-20T08:22:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<description>&lt;p&gt;Ilaria Ramelli&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Historicite-des-Evangiles-" rel="directory"&gt;Historicit&#233; des &#201;vangiles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Satiricon 77,7 ;78,2 et Marc 14, 3-9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la suite de l'article du Professeur Ramelli qui soutient, rappelons-le, la th&#232;se d'une parodie d'un passage de l'Evangile de saint Marc dans le Satiricon de P&#233;trone : th&#232;se qui aboutit &#224; une datation haute du texte &#233;vang&#233;lique. La fin de l'article sera publi&#233;e dans le num&#233;ro 22.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres comparaisons entre Satiricon et l'Evangile de Marc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;onglets_bloc_initial&#034;&gt;&lt;div class=&#034;onglets_contenu&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;cs_onglet&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#&#034;&gt;N&#176;19 Le Satiricon&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Christianisme et la datation de l'&#201;vangile de Marc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans le Satiricon, les recherches d'allusions au monde juda&#239;que ont re&#231;u impulsion et d&#233;veloppement, on ne peut pas en dire autant pour des r&#233;sonances et des reprises quant au christianisme : Personne jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'a &#233;mis l'hypoth&#232;se que, relativement &#224; la culture chr&#233;tienne aussi, P&#233;trone puisse avoir d&#233;velopp&#233; des int&#233;r&#234;ts de parodie, comme cela serait possible pour la th&#233;orie de Bachtin sur la nature polyphonique du roman.&lt;br class='autobr' /&gt;
A vrai dire, Preuschen, un savant allemand, au d&#233;but du si&#232;cle dernier, avait not&#233; quelques analogies significatives, entre le passage de l'Evangile de Marc qui relate &#171; l'onction de B&#233;thanie &#187; (Mc 14, 1-9) et une sc&#232;ne du d&#238;ner de Trimalcion (Sat. 77,7 &#8211; 78,4). Le passage de l'Evangile, comme on le sait, raconte qu'une femme s'approcha de J&#233;sus, alors qu'Il participait &#224; un banquet, et lui oignit la t&#234;te avec un onguent de grand prix et que J&#233;sus Lui-m&#234;me interpr&#233;ta ce geste comme une pr&#233;figuration de l'onction fun&#232;bre de son corps qui devait avoir lieu dans peu de temps. De la m&#234;me fa&#231;on, dans le passage cit&#233; du Satiricon, Trimalcion fait porter par ses serviteurs une fiole de nard (un pr&#233;cieux onguent) dont il asperge ses commensaux et il les exhorte &#224; faire comme s'ils avaient &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; ses fun&#233;railles. D'apr&#232;s le savant allemand, la ressemblance des deux descriptions est due au fait que le texte de Marc d&#233;pend de celui de P&#233;trone. Mais cette th&#232;se tr&#232;s vite critiqu&#233;e par plusieurs philologues n&#233;otestamentaires tels que Goetz, Linder, Holtzmann, n'a jamais &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme s&#233;rieuse. Il est cependant int&#233;ressant de relever que Preuschen en &#233;tait arriv&#233; l&#224; par respect pour la th&#233;orie admise, d'une datation absolument tardive des Evangiles que l'on consid&#233;rait compos&#233;s un si&#232;cle ou deux apr&#232;s le roman de P&#233;trone. Mais il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; par la suite que ce point pr&#233;cis&#233;ment &#233;tait sans fondement : au cours des ann&#233;es cinquante dans les fouilles arch&#233;ologiques men&#233;es &#224; Qumr&#226;n, une localit&#233; de la Palestine sur la Mer Morte, on retrouva un fragment de papyrus d'un texte inconnu, r&#233;pertori&#233; avec le sigle 7Q5, destin&#233; &#224; avoir une importance extraordinaire sur la question de la chronologie de la composition des Evangiles. En effet la datation de ce fragment a &#233;t&#233; &#233;tablie sur r&#233;f&#233;rence arch&#233;ologique comme ant&#233;rieure &#224; 68 ap. J.-C. et sur r&#233;f&#233;rence pal&#233;ographique comme ant&#233;rieure &#224; 50 ap. J.-C. et quand, plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s la d&#233;couverte, le P&#232;re O'Callaghan reconnut le fragment comme &#233;tant le texte de l'Evangile de Marc (6, 52-53) il fut vite &#233;vident qu'il fallait corriger la datation tardive de la composition des Evangiles habituellement soutenue dans les milieux d'&#233;tudes philologiques. Il faut donc noter que la date ainsi d&#233;duite de la composition de l'Evangile de Marc, avant 50 ap. J.-C., vient confirmer ce qui a toujours &#233;t&#233; soutenu par la tradition chr&#233;tienne depuis le deuxi&#232;me si&#232;cle apr&#232;s J.-C. : Papias de G&#233;rapolis et Cl&#233;ment d'Alexandrie, suivis par Ir&#233;n&#233;e et Tertullien, affirment que Saint Pierre serait venu &#224; Rome au d&#233;but du r&#232;gne de Claude (donc vers 42 ap. J.-C.) et que c'est l&#224; que Marc aurait compos&#233; son Evangile ayant comme base la pr&#233;dication de l'ap&#244;tre. (cf. Euseb. Hist. Eccl. III, 19, 15 e VI, 14, 6-9 ; Iren., Adv. Haer. III, 1, 1 ; Tert., Adv. Marc. IV, 5).&lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s ce qui vient d' &#234;tre dit, les datations de l'Evangile de Marc et du Satiricon peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant beaucoup plus proches que ce que pensait Preuschen au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle. A son tour, cependant, ce rapprochement pr&#233;suppose comme valable l'identification de l'auteur du Satiricon (et par suite la datation du roman) avec Titus Petronius Niger qui fit partie de l'entourage de N&#233;ron et de qui l'historien Tacite in Ann. XVI, 18, raconte le suicide advenu entre mars et mai 66 ap. J.-C.. Une telle identification de l'auteur du roman avec le personnage de Tacite a &#233;t&#233; soutenue par Rose dans le livre (The Date and the Author of the Satyricon, &#034;Mnemosyne&#034; Suppl. XVI, 1971), et est aujourd'hui accept&#233;e par une &#233;crasante majorit&#233; de sp&#233;cialistes. Pour d&#233;finir davantage la place chronologique du fragment qui nous reste du Satiricon, Rose lui-m&#234;me trouve qu'on peut, semble-t-il, relever dans ce texte des allusions &#224; l'incendie de Rome en 64 ap. J.-C. et dont N&#233;ron accusa les chr&#233;tiens, en prenant l&#224; un pr&#233;texte pour les pers&#233;cutions : au moins cette partie du roman aurait donc &#233;t&#233; &#233;crite pour le cercle de l'empereur entre 64 et 65 ap. J.-C.. Tout cela contribue &#224; d&#233;montrer que P&#233;trone a eu la possibilit&#233; d'avoir une connaissance, m&#234;me superficielle, du Christianisme qui, &#224; ce moment-l&#224; &#233;tait pratiqu&#233; &#224; la cour, ce dont Saint Paul a fait mention dans une lettre aux Philippiens (4,&lt;br class='autobr' /&gt;
22) et Tacite lui-m&#234;me raconte dans Ann. XIII, 32 les vicissitudes de Pomponia Graecina, une matronne selon toute probabilit&#233; chr&#233;tienne, qui fut poursuivie en justice en 57 ap. J.-C. par son mari Aulus Plautius, comme cela &#233;tait possible dans le droit romain, pour la pratique de &#171; cultes &#233;trangers &#187;. Elle fut acquitt&#233;e mais n'en pers&#233;v&#233;ra pas moins dans la foi, gardant un style de vie extr&#234;mement discret et r&#233;serv&#233;, au cours encore des ann&#233;es o&#249; P&#233;trone vivait &#224; la cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela peut porter &#224; croire que, en inversant la th&#232;se de Preuschen, ce ne soit pas Marc qui ait imit&#233; P&#233;trone mais que P&#233;trone ait repris en main &#8211; comme nous le verrons &#8211; d'une fa&#231;on parodique, certains passages de l'Evangile de Marc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;onglets_contenu&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;cs_onglet&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#&#034;&gt;N&#176;20 Sat. 77,7 ;78,2 et Marc 14, 3-9&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;Quels sont donc les passages qui peuvent &#234;tre d&#233;sign&#233;s pour prouver cette th&#232;se ? Tout d'abord nous pouvons partir des indications de Preuschen et en particulier de Sat 77,7 &#8211; 78,2 : Dans ce passage Trimalcion, au cours d'un banquet, fait porter du vin dans lequel seront lav&#233;s ses os apr&#232;s sa mort, et de l'onguent ; ainsi qu'on l'a d&#233;j&#224; dit, il ouvre une fiole de nard et oint les convives, pr&#233;figurant sa propre onction fun&#232;bre en invitant ses h&#244;tes &#224; consid&#233;rer le repas comme un banquet fun&#232;bre. Dans l'Evangile de Marc, dans le r&#233;cit de l'onction &#224; B&#233;thanie, tandis que J&#233;sus se trouve &#224; table, une femme avec un vase d'alb&#226;tre contenant un nard pur et pr&#233;cieux, casse le vase pour verser l'onguent sur la t&#234;te de J&#233;sus qui dit : &#171; Elle a oint, par anticipation, ma t&#234;te pour la s&#233;pulture &#187;. Ce qui advint apr&#232;s la mort de J&#233;sus, quand les saintes femmes prirent de l'huile et des aromates pour en oindre le corps (Mc 14, 3-9). Avant tout, de la comparaison de ces deux textes, il est important d'observer une consonance verbale : la ampullam nardi de Sat, 78, 3 correspond dans le texte de Marc &#224; l'expression alabastron myrou nardou (14, 3). Maintenant nous avons un code manuscrit (Cantabrigiensis) qui conserve une traduction latine des Evangiles ant&#233;rieure &#224; celle de Saint J&#233;r&#244;me. D'apr&#232;s Amassari le texte (Cantabrigiensis), qui est du V&#232;me si&#232;cle, reproduirait une traduction du Ier si&#232;cle apr&#232;s J.-C., c'est-&#224;-dire de l'&#233;poque de la composition du Satiricon. Eh bien ! dans ce manuscrit, l'&#233;pisode de l'onction de B&#233;thanie dans l'Evangile de Marc, pr&#233;sente la locution ampullam nardi , c'est-&#224;-dire la m&#234;me qui se trouve chez P&#233;trone, et ainsi est r&#233;alis&#233;e une parfaite correspondance verbale. &lt;br class='autobr' /&gt; Quant &#224; l'emploi du nard, il s'agit d'un onguent dont l'usage &#233;tait certainement connu dans la r&#233;gion de la M&#233;diterran&#233;e et m&#234;me &#224; Rome en deux moments s&#233;par&#233;s : le convivial et le fun&#233;raire. L'usage fun&#233;raire du nard &#233;tait r&#233;serv&#233; chez les H&#233;breux aux d&#233;pouilles mortelles dans les s&#233;pulcres, tandis qu'&#224; Rome il semble qu'il &#233;tait li&#233; &#224; la combustion des cadavres sur le b&#251;cher pour la faciliter et, en m&#234;me temps, d&#233;gager un parfum agr&#233;able. De cet usage chez les Romains nous avons un t&#233;moignage en Bell. Hisp. 33, 3 - 4, en Tibulle et surtout en Properce IV, 7, 32 : cur nardo flammae non oluere meae ? (la femme du po&#232;te, qui lui appara&#238;t en r&#234;ve apr&#232;s la mort, lui fait des reproches et lui demande : pourquoi les flammes de mon b&#251;cher n'ont-elles pas eu le parfum du nard ?) A ces t&#233;moignages nous pouvons joindre Val. Max. V, 1, 10 : caput autem plurimis et pretiosissimis odoribus cremandum curavit (1), qui fait r&#233;f&#233;rence au m&#234;me usage tout en ne citant pas le nard express&#233;ment. Ces textes, maintenant, d'apr&#232;s moi ne discr&#233;ditent pas la th&#232;se d'une imitation par P&#233;trone de l'Evangile de Marc parce que ce qui qualifie la ressemblance entre les deux textes est que, dans les deux cas, le nard est r&#233;pandu pendant un repas en pr&#233;figuration de son usage fun&#233;raire. Selon le r&#233;sultat de mes recherches faites sur le Thesaurus des langues grecques et latines &#224; ce sujet, l'usage convivial et le fun&#233;raire figurent dans des textes toujours s&#233;par&#233;s et ils ne se trouvent r&#233;unis dans aucune autre sc&#232;ne de la litt&#233;rature classique &#224; l'exception de P&#233;trone. Naturellement le texte de Marc pr&#233;sente des r&#233;cits parall&#232;les synoptiques avec ceux des autres &#233;vang&#233;listes (le r&#233;cit de l'onction &#224; B&#233;thanie est racont&#233; aussi par Matthieu et Jean), mais il est significatif que le d&#233;tail de la fiole de nard ne figure que chez Marc : c'est la preuve que c'est &#224; ce texte que, probablement, P&#233;trone se r&#233;f&#232;re, en imaginant une sc&#232;ne grotesque qui s'adapte &#224; l'usage pratiqu&#233; au repas de Trimalcion. Pour en comprendre le sens, il nous faut imaginer qu'elle devait produire un effet analogue &#224; celui que produirait aujourd'hui des fleurs pos&#233;es sur la table d'un banquet et pr&#233;sent&#233;es aux convives comme une pr&#233;figuration de l'hommage floral destin&#233; &#224; la tombe des d&#233;funts. &lt;br class='autobr' /&gt; A ce sujet il faut noter que, comme beaucoup d'&#233;tudes (de Gagliardi, Petrone, Saylor, etc.) l'ont mis en relief, le th&#232;me de la mort dirige le d&#233;roulement du souper Trimalchionis du d&#233;but &#224; la fin : il suffit de rappeler la d&#233;couverte du petit squelette en argent qui fut port&#233; &#224; table &#224; un certain moment du banquet, ou la lecture de son propre testament par Trimalcion, ou encore la description de sa propre tombe au sujet de laquelle il entretient longtemps les commensaux pour finir par affirmer que tout l'&#233;pisode peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un sorte de &#171; derni&#232;re c&#232;ne &#187;. Mais Trimalcion n'est pas du tout sur le point de mourir, au contraire, il affirme lui-m&#234;me, qu'un astrologue lui a pr&#233;dit qu'il vivrait encore trente ans (78, 1), et tout semble prouver qu'il croit &#224; cette pr&#233;diction sans aucun doute. Tout cela laisse alors supposer que l'image de la &#171; derni&#232;re c&#232;ne &#187; dont Trimalcion marque son banquet, puisse &#234;tre une fois encore interpr&#233;t&#233;e comme un renversement parodique du texte de l'Evangile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;onglets_contenu&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;cs_onglet&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#&#034;&gt;N&#176; 21 Sat. 77,7 ;78,2 et Marc 14, 3-9&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;Une comparaison ult&#233;rieure entre le Satiricon et l'Evangile de Marc est offerte par un autre &#233;pisode du d&#238;ner de Trimalcion, au cours duquel le chant impr&#233;vu d'un coq provoque l'&#233;pouvante du ma&#238;tre de la maison qui le prend pour un pr&#233;sage de malheur et de mort. (Sat. 74, 1-3)&lt;br class='autobr' /&gt; Cependant dans la tradition grecque et romaine, au contraire de ce qui arrive dans cet &#233;pisode, le chant du coq, comme cela ressort des &#233;tudes d'Amiotti, a toujours une valeur positive en tant que reli&#233; &#224; l'id&#233;e de la victoire, de l'&#339;uf qui se brise et m&#234;me en d&#233;finitive de la vie. Si on consid&#232;re que dans le passage du Satiricon dont il est question, le coq est appel&#233; &#171; index &#187;, mot qui signifie entre autres &#171; d&#233;nonciateur &#187;, &#171; accusateur &#187;, on peut supposer que P&#233;trone ait voulu parodier &#8211; le volatile finit en effet tout de suite dans la marmite &#8211; le texte de Marc, l'Evangile qui s'attarde davantage sur le d&#233;tail du coq dans l'&#233;pisode du reniement de Pierre, o&#249; le chant de l'animal d&#233;nonce la faute de l'ap&#244;tre et annonce un jour de douleur et de mort.&lt;br class='autobr' /&gt; Un autre passage toujours du Satiricon pourrait figurer une parodie de la r&#233;surrection : il s'agit d'un point du fameux r&#233;cit de la matrone d'Eph&#232;se (Sat. 111, 5-6), o&#249; apparaissent des crucifi&#233;s condamn&#233;s par un gouverneur de province et surveill&#233;s par un soldat afin que personne ne puisse enlever les corps, comme au contraire cela arriva : le troisi&#232;me jour (112,3) l'un d'entre eux fut enlev&#233; et par la suite remplac&#233; par un autre cadavre, provoquant la stupeur en face du miracle apparent, d'une r&#233;animation apr&#232;s la mort. Pour saisir l'importance de ce passage et sa signification parodique par rapport au Christianisme, il faut savoir qu'au temps de N&#233;ron on accusait fr&#233;quemment les Chr&#233;tiens d'avoir enlev&#233; du s&#233;pulcre la d&#233;pouille mortelle de J&#233;sus : Matthieu (28. 16) parle ouvertement de ce mensonge r&#233;pandu pour faire douter de l'authenticit&#233; de la r&#233;surrection. D'autre part N&#233;ron promulgua et fit appliquer &#224; partir de l'an 60 environ, l'&#233;dit dit &#171; de Nazareth &#187;, qui frappait de s&#233;v&#232;res punitions ceux qui auraient enlev&#233; dans une mauvaise intention, par fraude, les cadavres. Les recherches de Madame Sordi et de Grzybeck soutiennent que l'&#233;dit avait comme point de mire justement les Chr&#233;tiens, et qu'il s'appuyait sur les accusations port&#233;es contre eux - et rappel&#233;es par Matthieu - d'avoir d&#233;rob&#233; le corps de J&#233;sus. Une notification de ce genre semble donc appuyer de fa&#231;on convaincante l'hypoth&#232;se que, en certains d&#233;tails de l'&#233;pisode de la matrone d'Eph&#232;se, P&#233;trone ait voulu parodier le r&#233;cit &#233;vang&#233;lique de la r&#233;surrection du Christ.&lt;br class='autobr' /&gt; Et encore au chapitre 141 du Satiricon les deux protagonistes du roman, Encolpe et Eumolpe, se trouvent engag&#233;s &#224; Crotone dans une fiction mont&#233;e aux d&#233;pens des chasseurs d'h&#233;ritage dont le pays regorge : ils font croire qu'ils sont en possession d'une immense richesse et Eumolpe, dans le passage cit&#233;, promet &#224; ceux qui esp&#232;rent l'h&#233;ritage, qu'il laissera tout son patrimoine &#224; ceux qui mangeront sa chair. Il est clair que si de parodie du Christianisme on peut parler dans le Satiricon, nous nous trouvons devant une raillerie de l'Eucharistie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;onglets_contenu&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;cs_onglet&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#&#034;&gt;N&#176; 22 Sat. 77, 7 - 78, 2 et Mc 14, 3-9&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, je trouve opportun de pr&#233;venir une objection possible &#224; la th&#232;se que j'ai soutenue et lui donner une r&#233;ponse. &lt;br class='autobr' /&gt; L'objection est la suivante : les &#233;pisodes et les sc&#232;nes du Satiricon que j'ai examin&#233;s pourraient se retrouver dans la litt&#233;rature classique grecque et latine et P&#233;trone aurait pu imiter les sc&#232;nes cit&#233;es : dans ce cas il faudrait exclure la possibilit&#233; de trouver une intention de parodie &#224; l'&#233;gard du Christianisme et de l'Evangile de Marc en particulier. En effet en passant en revue tous les romans grecs, depuis le roman de Ninos jusqu'aux Ethiopiques d'H&#233;liodore, il est possible de rencontrer, et m&#234;me en abondance, des sujets que l'on peut rapprocher des &#233;pisodes que j'ai d&#233;sign&#233;s d'une fa&#231;on pr&#233;cise chez P&#233;trone comme de probables parodies de Marc : banquets (Jamblique, Babyloniak&#224; = Histoires babyloniennes 6 : un banquet dans un s&#233;pulcre, comme pour la matrone d'Eph&#232;se, le seul cas, je crois, o&#249;, au repas, dans ces romans, est associ&#233;e l'id&#233;e de la mort ; Lucien, II 14 ; Pseudo-Lucien Lucius ou l'&#226;ne 21 ; Achille Tatius, Les Aventures de Leucippe et de Clitophon III 15 ; Longus, Daphnis et Chlo&#233; III 35 e 38 ; H&#233;liodore d'Em&#232;se, Ethiopiques I 1, IV 1, VI 1), onctions (Pseudo-Lucien 51 : une femme se oint en prenant un petit vase d'alb&#226;tre ), fun&#233;railles, morts qui apparaissent, fausses r&#233;surrections et cadavres d&#233;rob&#233;s (Chariton d'Aphrodisias, Aventures de Chaereas et Callirrho&#233; III 3 - 4 ; X&#233;nophon d'Eph&#232;se, Les aventures d'Abrocome et d'Anthia III 7 ; Jamblique Babyloniaka 6 e 14 ; Achille Tatius Leucippe et Clitophon III 17 - 18, IV 10 ; H&#233;liodore d'Em&#232;se, Ethiopiques II 29), fustigations (Chariton d'Aphrodisias Chaereas et Callirrho&#233; III 4 ; X&#233;nophon d'Eph&#232;se Abrocome et Anthia II 6), crucifixions (Chariton d'Aphrosias III 4 ; X&#233;nophon d'Eph&#232;se IV 2 ; Jamblique Babyloniaka 2 e 21), et aussi le chant d'un coq (H&#233;liodore Ethiopiques I 18, V 3). Cependant l'abondance de ressemblances contribue seulement &#224; d&#233;montrer comment beaucoup de situations topiques sont le patrimoine commun du roman grec et de P&#233;trone : cependant &#224; mon avis aucun de ces passages ne semble contenir des &#233;l&#233;ments de comparaison avec le texte de l'Evangile aussi pr&#233;cis que ceux que j'ai pu trouver dans le Satiricon : ce qui semble confirmer l'hypoth&#232;se que P&#233;trone a eu l'intention de parodier vraiment le texte de Marc.&lt;br class='autobr' /&gt; Enfin, je voudrais observer que, si les allusions &#224; la r&#233;surrection et &#224; l'eucharistie peuvent &#234;tre reli&#233;es &#224; une connaissance m&#234;me g&#233;n&#233;rale des dogmes chr&#233;tiens - que P&#233;trone aurait pu avoir acquise par des r&#233;cits oraux - les rappels de l'&#233;pisode de l'onction de B&#233;thanie avec la r&#233;f&#233;rence au nard et au chant du coq, semblent au contraire impliquer, pour la pr&#233;cision des allusions que l'on peut y rencontrer, une connaissance du texte &#233;crit de l'Evangile. Traina a bien observ&#233; que la parodie suppose que le public connaisse le texte parodi&#233; : les recherches historiques, et &#233;galement la tradition chr&#233;tienne semblent confirmer la diffusion de l'Evangile de Marc dans la Rome de P&#233;trone. Le public de P&#233;trone pouvait conna&#238;tre le texte de l'&#233;vang&#233;liste en grec, du fait que le niveau culturel des lecteurs du Satiricon &#233;tait certainement &#233;lev&#233;, comme le remarquait d&#233;j&#224; Auerbach quand (dans Mimesis, tr. it., Einaudi 1956, p. 55) il &#233;crivait : &#171; P&#233;trone touche des lecteurs d'un tel niveau social et litt&#233;raire qu'ils sont capables de comprendre tous les d&#233;tails d'un mauvais comportement social et la d&#233;gradation de la langue et du go&#251;t&#8230; une &#233;lite sociale et litt&#233;raire qui voit les choses d'en haut&#8230; donc P&#233;trone aussi &#233;crit d'en haut, et pour la classe des personnes cultiv&#233;es. &#187; S'il en est ainsi pourquoi ne pas croire possible que parmi les nombreuses r&#233;f&#233;rences de grande culture que donne le Satiricon, l'Evangile de Marc ne pourrait pas se trouver aussi ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Professeur Grzybeck, Universit&#233; de Gen&#232;ve</title>
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		<dc:date>2017-11-20T08:16:57Z</dc:date>
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		<description>&lt;p&gt;Professeur Grzybeck, Universit&#233; de Gen&#232;ve&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://abbe-carmignac.org/?-Historicite-des-Evangiles-" rel="directory"&gt;Historicit&#233; des &#201;vangiles&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Professeur Erhard Grzybek, de confession luth&#233;rienne, est Docteur &#232;s lettres de l'Universit&#233; de Gen&#232;ve et, actuellement, Professeur &#224; la Facult&#233; des lettres de la m&#234;me universit&#233;. Sa th&#232;se de doctorat et ses publications traitent de l'histoire antique, en grande partie de l'&#233;poque hell&#233;nistique. Il a eu l'amabilit&#233; de nous adresser ceux de ses articles qui, relatifs au christianisme, pr&#233;sentent un int&#233;r&#234;t tout particulier pour nous : &#171; L'Edit de Nazareth et la politique de N&#233;ron &#224; l'&#233;gard des chr&#233;tiens &#187; , Zeitschrift f&#252;r Papyrologie und Epigraphik 120, 1998, p. 279-291, r&#233;dig&#233; avec Madame Sordi, et &#171; Les premiers chr&#233;tiens et Rome &#187;, publi&#233; dans l'ouvrage Neronia VI. Rome &#224; l'&#233;poque n&#233;ronienne, Latomus 268, 2002, p. 561-567. Il a bien voulu revoir lui-m&#234;me le r&#233;sum&#233; que, avec son autorisation, nous avons fait de ce dernier et que vous trouverez ci-dessous. Nous le remercions tr&#232;s vivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'auteur, Erhard Grzybek, Professeur &#224; l'Universit&#233; de Gen&#232;ve, nous am&#232;ne, par un raisonnement progressif et argument&#233;, &#224; une conclusion retentissante et totalement inattendue qui ne d&#233;cevra certes pas les membres de notre association. Suivons-le dans sa d&#233;monstration. Apr&#232;s avoir soulign&#233; que le nom de Rome n'est pas mentionn&#233; une seule fois dans l'Apocalypse, il remarque cependant qu'elle y est &#233;voqu&#233;e plus d'une fois. Et, nous donnant l'explication des raisons pour lesquelles Rome doit &#234;tre assimil&#233;e en tant qu'Empire &#224; la premi&#232;re b&#234;te qui monte de la mer, N&#233;ron &#224; la deuxi&#232;me, il nous montre qu'il fallait &#234;tre familier de l'Ancien Testament, conna&#238;tre ses symboles, ses images, ses allusions pour pouvoir comprendre le texte proph&#233;tique de ce livre du Nouveau Testament avec son sens cach&#233; au reste des hommes. Ce point acquis, il passe &#224; la notion de Rome non plus en tant qu'empire mais en tant que ville. Celle-ci, dit-il, ne peut pas manquer d'&#234;tre assimil&#233;e &#224; la femme prostitu&#233;e assise &#171; sur sept collines &#187; (17,9) et install&#233;e justement sur la b&#234;te qui repr&#233;sente l'Empire romain, puisque de plus le texte ajoute : &#171; La femme que tu as vue, c'est la grande ville qui a la royaut&#233; sur les rois de la terre. &#187; (17, 18). Or, nous dit l'auteur, dans l'Apocalypse, Rome est pr&#233;sent&#233;e ou bien comme cette prostitu&#233;e dont il vient d'&#234;tre question, ou bien comme &#171; Babylone, la grande &#187;, les deux images apparaissant m&#234;me parfois ensemble. Cette m&#233;taphore de la ville compar&#233;e &#224; une prostitu&#233;e vient en droite ligne de l'Ancien Testament o&#249; c'est J&#233;rusalem qu'Ez&#233;chiel traite de ce nom pour s'&#234;tre compromise avec le conqu&#233;rant babylonien en se livrant au culte de toutes sortes d'idoles. Et de m&#234;me, si Rome est appel&#233;e Babylone c'est parce que, aux chapitres 50 et 51 de son livre, J&#233;r&#233;mie a pr&#233;dit sa chute &#224; la ville qui a tant fait souffrir le peuple juif : Si bien que l'auteur de l'Apocalypse &#8211; quel qu'il soit &#8211; ayant annonc&#233; cette m&#234;me fin &#224; la ville de Rome &#171; ivre du sang des saints et du sang des t&#233;moins de J&#233;sus &#187; (17,6), il lui appara&#238;t tout naturel d'utiliser l'image de Babylone pour l'appliquer &#224; Rome, celle-ci s'&#233;tant rendue coupable d'un crime semblable et devant s'attendre &#224; une destruction similaire. Quelle que soit la date qui puisse &#234;tre attribu&#233;e au dernier livre de la Bible, il est certain, dit le Professeur Grzybek, qu'il a &#233;t&#233; compos&#233; apr&#232;s les pers&#233;cutions de N&#233;ron, ce qui explique que son auteur a pu consid&#233;rer Rome, comme le faisaient tous les chr&#233;tiens de l'&#233;poque, comme &#171; la grande Babylone, m&#232;re des prostitu&#233;es et des abominations de la terre. &#187; (17,5)&lt;br class='autobr' /&gt; Que le lecteur accorde son agr&#233;ment ou non &#224; la th&#232;se du Professeur Grzybek expos&#233;e jusqu'&#224; ce point, la suite va proposer une nouvelle &#171; piste &#187; qui peut &#234;tre suivie seule. Il suffit de retenir que Rome a pu &#8211; et c'est la pens&#233;e de la majeure partie des th&#233;ologiens de tous les temps &#8211; &#234;tre d&#233;sign&#233;e par le nom de Babylone.&lt;br class='autobr' /&gt; Or dans sa Premi&#232;re Ep&#238;tre - &#233;crite certainement avant que l'Apocalypse ne voie le jour - l'Ap&#244;tre Pierre indique de cette fa&#231;on le lieu o&#249; il se trouve : &#171; La communaut&#233; des &#233;lus qui est &#224; Babylone vous salue &#187; (1 Pe 5, 13). Pourquoi, s'il s'agit de Rome, son auteur ne le dit-il pas clairement ? Et comment l'Apocalypse aurait-elle pu l'influencer, comme il a souvent &#233;t&#233; all&#233;gu&#233;, au point de provoquer cette formule ambigu&#235;, si justement elle n'avait pas encore &#233;t&#233; &#233;crite ? Le Professeur Grzybek formule sur ce point une explication tout &#224; fait int&#233;ressante : il s'agit d'un cryptogramme, d'un message cod&#233; que seuls pouvaient comprendre les adh&#233;rents de la nouvelle foi, les premiers chr&#233;tiens, et non les pers&#233;cuteurs potentiels de Pierre, en particulier les sbires imp&#233;riaux, dans les mains de qui sa missive pouvait tomber. Or il vient imm&#233;diatement &#224; l'esprit que si cet Ap&#244;tre avait lieu de se cacher, cette Ep&#238;tre a d&#251; &#234;tre &#233;crite en 62 ou dans les ann&#233;es qui suivent, quand les chr&#233;tiens ont commenc&#233; &#224; &#234;tre mal vus du pouvoir romain.&lt;br class='autobr' /&gt; L'auteur attire ensuite notre attention sur un autre passage du Nouveau Testament qui a suscit&#233; beaucoup d'interrogations : il s'agit du passage des Actes des Ap&#244;tres (12, 17) o&#249; il est &#233;crit que Saint Pierre s'en alla &#171; vers un autre lieu &#187;&#8230; sans plus de pr&#233;cision. Tout le monde sait que la plus grande partie des commentateurs s'accordent pour d&#233;clarer que cet autre lieu est Rome o&#249; l'Ap&#244;tre se serait en effet rendu une premi&#232;re fois vers 42. Le Professeur Grzybek se r&#233;f&#232;re alors &#224; une recherche du Professeur C.P. Thiede (Babylon, der andere Ort : Anmerkungen zu 1 Petr 5, 13 und Apg 12, 17 dans Das Petrusbild in der neueren Forschung, Wuppertal, 1987, p. 221 sqq.) qui a trouv&#233; dans Ez&#233;chiel (12, 3) cette m&#234;me tournure de phrase, ce m&#234;me &#171; vers un autre lieu &#187; pour d&#233;signer Babylone. Il s'agirait donc, nous dit le Professeur Grzybek, du m&#234;me stratag&#232;me, d'un cryptogramme, qui permet &#224; qui conna&#238;t le langage des textes sacr&#233;s de reconna&#238;tre qu'il s'agit de Babylone, c'est-&#224;-dire de Rome. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est alors que nous en arrivons &#224; la d&#233;duction qui nous int&#233;resse. Si dans les deux cas &#8211; Premi&#232;re Ep&#238;tre de Pierre et Actes des Ap&#244;tres - un message cod&#233; a &#233;t&#233; utilis&#233; pour cacher le lieu, quel qu'il soit, o&#249; se trouvait Saint Pierre (ou bien o&#249; il s'&#233;tait trouv&#233;), c'est que celui-ci au moment de la r&#233;daction de ces deux textes &#233;tait toujours vivant, sinon il n'aurait plus couru aucun risque, si bien que la Premi&#232;re Ep&#238;tre de Pierre ne peut plus &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme posthume &#8211; et que les Actes des Ap&#244;tres et par cons&#233;quent l'Evangile de Luc qui leur est ant&#233;rieur aux dires pr&#233;cis de leur auteur, ont &#233;t&#233; &#233;crits du vivant m&#234;me de Saint Pierre. &lt;br class='autobr' /&gt; Le Professeur conclut que si le mot de Babylone est devenu un nom proph&#233;tique apr&#232;s les pers&#233;cutions de N&#233;ron comme nous le voyons dans l'Apocalypse, il a d'abord &#233;t&#233; un cryptogramme pour d&#233;signer Rome &#224; la fin du r&#232;gne de cet empereur sous les pers&#233;cutions. Et il ajoute que nous avons l&#224; par ailleurs la preuve que l'Evangile de Luc, les Actes des Ap&#244;tres et la Premi&#232;re Ep&#238;tre de Pierre ont &#233;t&#233; &#233;crits tr&#232;s t&#244;t, du vivant m&#234;me de l'Ap&#244;tre Pierre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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